Archives de catégorie : > Prochain cours

13/09/21
Intégrer les incertitudes, penser l’éventuel
Martine Quinio – Sciences

Une étude récente montre une corrélation entre le degré d’abstention au vote et le niveau mathématique de la population, notamment chez les jeunes. La crise Covid a mis en évidence la nécessité, à tous niveaux de décision, individuelle ou collective, d’intégrer une dose d’incertitude. La science statistique, basée sur des études quantitatives et surtout, qualitatives permet d’intégrer « l’éventuel » dans nos modes de pensée. Plus généralement, les mathématiques de la prévision, à la croisée des sciences et de la philosophie, nous offre des pistes de réflexion pour distinguer corrélation et cause. Les probabilités peuvent être un outil pour lutter contre le fléau des jeux en ligne, qui touchent de plus en plus de jeunes. Nous illustrerons notre propos par des exemples d’actualité.

Professeure agrégée de mathématique
Mathématicienne de formation Martine Quinio est spécialisée depuis une dizaine d’années dans l’enseignement des probabilités dans toutes les mentions de licences, en premier cycle, en abordant ces notions par des exemples «bio» en licence Science et Vie de la Terre, des exemples «sociologie» en licence «Sciences et Humanités» , etc .
Elle a rédigé un ouvrage de cours et exercices à l’intention des enseignants : « Probabilités et statistique aujourd’hui »

Comprendre pour faire, faire pour comprendre, comprendre les liens et connexions entre les différentes branches des mathématiques, les appliquer avec un regard sur l’histoire et les aspects culturels et actuels…

06/09/21
Pandémie : et après, ce sera comme avant ?
Lucie Luthereau – Philosophie

Lucie Luthereau est Professeure agrégée, Docteure en Lettres
Prag Culture Générale Sciences Po Aix
Autres activités
Référente égalité 2016-2019
« Pandémie : et après, ce sera comme avant ? »
Près de deux ans de crise sanitaire ont-elles rebattu les cartes de notre avenir et de celui de notre planète ? L’avenir probable qui se dessinait il y a moins de dix-huit mois s’est-il delité dans l’incertitude avec laquelle nous composons depuis la crise sanitaire mondiale ? Climat, salaires, crises sociales, secteur public, écologie, data, surveillance : comment les maîtres et possesseurs pensent-ils ces sujets après la blessure narcissique infligée par la pandémie ?

Bibliographie

Montesquieu, Les Lettres persanes (passage sur les troglodytes)
Etienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire
Pablo Servigne, L’Entraide, l’autre loi de la jungle
Rutger Bregman, Humanité, Une histoire optimiste
Philippe Guillemant, Le Grand virage de l’Humanité (mais aussi La Route du Temps et La Physique de la conscience + site doublecause.net)
Edgar Morin, Leçons d’un siècle de vie
Et aussi…
Documentaire « Demain » (Cyril Dion)
Collectifs pour un monde plus relié au vivant, nouveaux modèles, nouveaux paradigmes : Alternatiba, Utopia, Existence B…
J’ai aussi évoqué Aurélien Barrau (conférence liègeoise), Allain Caillé (Les convivialistes)
Le rapport Meadows (Limits to growth) 1972, le rapport du GIEC 2018 (site de l’ONU)

Il est temps de nous retrouver

J’espère que vous avez passé un bel été.
Il est temps de nous retrouver bientôt !

L’équipe de l’Université Populaire de Marseille-Métropole, toujours convaincue que tout le monde peut apprendre, peut comprendre, a mis à profit ce temps de vacances estivales pour préparer le programme 2021-2022. Comme vous l’avez exprimé par vos réponses au sondage qui vous avait été adressé.
Le fil conducteur sera « le changement ».

Cette année encore, l’Université Populaire de Marseille-Métropole invite des enseignants, des chercheurs, des experts, des spécialistes, afin de partager leurs savoirs et leurs compétences.
Tous ces universitaires sont avides de partager, hors de leurs classes, de leurs amphithéâtres, de leurs laboratoires, de leurs paillasses, avec toutes celles et tous ceux qui souhaitent apprendre, comprendre ; de satisfaire leurs interrogations légitimes.

Et maintenant !
Que voulons-nous changer, que pouvons-nous changer, que faudrait-il changer, qui faudrait-il changer, comment changer, pourquoi changer, sommes-nous capables de changer ?

Les épidémies, les actes de violence et de terrorisme, les catastrophes naturelles et le dérèglement climatique, les restrictions sanitaires, ont bouleversé nos habitudes, nos comportements, nos relations, installé peurs et méfiance, angoisse et incertitudes.

Pour continuer à éveiller notre esprit critique afin de démêler les changements que nous avons vécus, subis, acceptés, depuis plusieurs mois et de mieux nous préparer à ceux qui ne manqueront pas d’arriver, ce seront 39 soirées au cours desquelles 41 intervenants traiteront ce sujet au travers de la philosophie, de l’économie, des sciences, du langage, de l’histoire, de la sociologie.

L’Université Populaire de Marseille-Métropole s’est appliqué cet esprit de changement, de renouvellement, pour le programme 2021-2022 :

  • deux tiers de l’ensemble des intervenants, qui ont généreusement accepté de nous faire partager leurs connaissances, participeront pour la première fois à nos activités.
  • deux tiers de nos conférenciers seront des enseignantes, des chercheuses.

Les membres du Laboratoire Parole et Langage, du Collectif les Philosophes Publics, quelques intervenants « historiques » nous régaleront à nouveau.

Nous avons pris le pari de tenir nos rencontres, dès le 6 septembre, en présence des intervenants et du public, en respectant les règles sanitaires qui seront nécessaires.
La mairie du 1/7 mettra son auditorium à notre disposition afin de nous réunir dans les meilleures conditions.

Nous proposerons simultanément nos soirées en vidéoconférences, afin de satisfaire le plus grand nombre de participants habitant Marseille, sa métropole et aussi les personnes plus éloignées géographiquement, ou qui préfèreront, ne pourrons pas, ne voudront pas se déplacer.

Vous trouverez prochainement sur le site (upop.info) le programme 2021-2022, la biographie de chaque intervenant, le résumé de l’exposé qu’ils viendront vous présenter, les vidéos des conférences.
Pour être informés de toutes les activités proposées par l’Université Populaire de Marseille-Métropole, abonnez vous à notre lettre d’information ICI, à nos pages Facebook et Twitter.

L’équipe de l’Université Populaire de Marseille-Métropole est impatiente de vous accueillir, nombreuses et nombreux, pour le plaisir de nous retrouver et d’apprendre ensemble.

Bien à vous

28/06/21
La Race tue deux fois
Rachida Brahim – Sociologie

Racisme structurel
Le cas des crimes racistes dans la France contemporaine (1970-2000)
Entre août et décembre 1973, suite à un drame au cours duquel un Algérien a tué un chauffeur de bus, une vague de crimes racistes a eu lieu dans la région marseillaise. En l’espace de trois mois on relève dix-morts et une cinquantaine d’agressions. A partir d’archives émanant d’associations, de la presse, des services du ministère de l’Intérieur, de la Justice et du Parlement, Rachida Brahim a étudié cette épisode et recueilli 731 cas de crimes racistes dénoncés entre les années 70 et 2000. Dans l’écrasante majorité des cas, ces crimes ont été soldés par des non-lieux, des acquittements ou des peines légères avec sursis. Pour comprendre le traitement de ces violences, nous reviendrons sur différentes affaires, retracerons la carrière juridique du mobile raciste et mobiliserons la notion de racisme structurel pour envisager le racisme non plus seulement comme une affaire de violences interpersonnelles, mais comme un dispositif politique et institutionnel qui permet d’inférioriser et de laisser mourir certains d’entre nous.
Rachida Brahim
Sociologue au Centre de ressources et de recherches cliniques sur les migrations ACT et chercheure associée au laboratoire mixte international de recherche MOVIDA (Mobilités, Voyages, Innovations et Dynamiques dans les Afriques méditerranéennes et subsahariennes) d’Aix-Marseille Université.
Ses travaux portent sur l’histoire post-coloniale, les phénomènes de violence et les principes de justice sociale.
Principales publications : 
 La race tue deux fois. Une histoire des crimes racistes en France, 1970-2000. Editions Syllepse, 2021.
 « La législation anti-raciste française, support d'un racisme structurel », Communications, 2020/2 (n° 107)
 « What about a sociology of ethnicity in France ? A foucaldian reading of racial violence », The American Sociologist, 48(3), juin 2017) 
 « “Nous exécrons le racisme” : contrôle migratoire et traitement des crimes racistes dans la France des années 70 », Cultures & Conflits, 107, novembre 2017
 « L’antiracisme politique de Mai 68, Marseille 1968-1983 », dans Marseille, années 68, sous la direction d’Olivier Fillieule et Isabelle Sommier (Presses de Sciences Po, 2018)

21/06/21
en misarchie !
Emmanuel dockès – Philosophie

En misarchie
Comment détruire ce qui nous embête (l'Etat, le capitalisme, le productivisme…) sans abandonner ce qu'on aime bien (le droit, les services publics, la liberté d'entreprendre, le confort…) ? 
 Pour que survienne le monde d'après, il convient de commencer par en imaginer (au moins) un. Penser une société plus libre, plus égale, suppose de s'attaquer aux grands pouvoirs qui nous gouvernent. Il s'agira de présenter les grandes lignes d'un possible sans Etat, ni capitalisme. Une hyper démocratie, pour tout de suite, mais avec des êtres humains inchangés. Une organisation imparfaite, bricolée, bringuebalante, mais vraiment différente. 

Emmanuel DOCKÈS
Professeur de droit privé, spécialisé en droit du travail.
Il enseigne à l’université de Lyon 2, après avoir enseigné aux universités de Nanterre et de Dijon. Il est également cofondateur de l’université populaire de Lyon.
Il est l’auteur du livre « Voyage en misarchie : essai pour tout reconstruire » et de très nombreuses autres publications.

14/06/21
VIVE LA DETTE !
Bernard Tabuteau – Économie

Vive la dette !  
 Le coût de la crise du Covid-19 a porté la dette publique française au-delà de 2 600 milliards d’euros, soit près de 120% du produit intérieur brut (PIB).  
 La récession économique et l’aggravation des déficits publics en raison de la pandémie de Covid-19 posent la question de la dette publique à moyen terme dans de nombreux pays, et particulièrement en France.  
 C'est quoi  la dette publique ?
 Qui détient la dette ?
 Cette dette est-elle supportable ?
 Faut-il rembourser la dette ? 
Bernard Tabuteau
Docteur en économie, administrateur INSEE.
Chercheur en sciences sociales, ancien secrétaire général du CEREQ, a enseigné à l’Université d’Aix-Marseille.

07/06/21
Repérer les arguments fallacieux dans les discours
Denis Caroti – Philo/sociologie

« Le meilleur moyen – d’avoir toujours raison – est bien sûr en premier lieu d’avoir vraiment raison, mais vu la mentalité des hommes, cela n’est pas suffisant en soi, et vu la faiblesse de leur entendement, ce n’est pas absolument nécessaire. Il faut donc y adjoindre d’autres stratagèmes. » Quels sont ces stratagèmes dont parle Schopenhauer ? Si le repérage de ces arguments fallacieux et autres sophismes dans un discours n’est pas une fin en soi, il permet néanmoins d’exercer son esprit critique face aux discours trompeurs, et de gagner ainsi en autonomie intellectuelle.

Denis CAROTI
Professeur certifié de Sciences physiques et chimiques, formateur, et référent académique pour le dispositif Esprit critique au sein du Service Vie Scolaire
Cofondateur du CORTECS
Doctorant - Université d’Aix-Marseille
Thèse en cours : La formation à la pensée critique dans le système éducatif français : une approche transdisciplinaire
Chargé de cours AMU pour le Collège Doctoral et la faculté des sciences transdisciplinaire

31/05/21
Qu’est-ce que vouloir l’égalité ?
Marc Rosmini – Philosophie

Nos démocraties s’étiolent, la solidarité publique vacille, d’importantes inégalités se creusent. Il y a, entre ces trois constats, des liens qu’il est urgent d’explorer et de prendre en compte. Alors, nous pourrons comprendre cet étrange paradoxe qui, pour nous, consiste aujourd’hui à renforcer les inégalités que nous ne cessons pourtant de dénoncer.

Professeur agrégé de philosophie
Marseille

Cinéphile,  sa curiosité éclectique l’a conduit à mettre en relation la réflexion philosophique avec des thèmes variés, allant de la cuisine au western en passant par l’art contemporain marseillais. À Marseille, il fait partie du collectif Les Philosophes Publics qui intervient régulièrement dans l’espace public, en milieu carcéral, ou auprès de différentes structures sociales.

  • Marseille révélée par l’art contemporain, éd. Jeanne Laffitte, Marseille, 2007
  • Pourquoi philosopher en cuisinant ? – Méditations autour de 10 recettes de Lionel Lévy, éd. Aléas, Lyon, 2007
  • Road Movies,  Images En Manœuvres Éditions, Marseille, 2012, (épuisé), La Marelle Éditions, Marseille, 2017 (numérique)
  • Méditations westernosophiques, éd. Médiapop, Mulhouse, 2015
  • • Cinéma et bioéthique : Ëtre plus ou moins un sujet éd. Rouge profond (2 mai 2019)

17/05/21
La « Nature »
Denis CAROTI– Sociologie

La « Nature »

 
 
 La nature, le naturel, sont devenus des arguments de communication largement utilisés pour inciter à changer les modes de consommation mais également pour (continuer à) légitimer des systèmes de domination visant certaines catégories de personnes.
Qu'en est-il ? 
Qu'est-ce que cette "nature" et quelle place pour les êtres humains ?    
Denis CAROTI
 Professeur certifié de Sciences physiques et chimiques, formateur, et référent académique pour le dispositif Esprit critique au sein du Service Vie Scolaire
 Cofondateur du CORTECS
 Doctorant - Université d’Aix-Marseille
 Thèse en cours : La formation à la pensée critique dans le système éducatif français : une approche transdisciplinaire
 Chargé de cours AMU pour le Collège Doctoral et la faculté des sciences transdisciplinaire 

10/05/21
État et justice sociale
Feriel Kandil – Philosophie

Son intervention visera précisément à éclairer les liens entre justice sociale et démocratie.

État et justice sociale

Les démocraties ont toujours été secouées par des mouvements de lutte. Aujourd’hui, ces luttes s’expriment tous azimuts, qu’il s’agisse de luttes contre le pouvoir financier et la mondialisation, contre la précarisation économique et sociale, contre les discriminations de genre, contre le racisme et la xénophobie, contre le réchauffement climatique ou encore contre les violences policières. Ces mouvements s’inscrivent dans la longue lignée de ceux qui, depuis la fin du 18e s, ont été mené au nom de la démocratie, pour la liberté, l’égalité et la solidarité. Ce sont ces mouvements qui ont permis l’émergence des États démocratiques modernes et leur consolidation. Pourtant, aujourd’hui, plus les revendications que ces mouvements manifestent sont intenses et répétées, plus les Etats démocratiques contemporains se révèlent au mieux impuissants, au pire aveugles et violents. Ne pouvant plus se créditer d’un consensus fondé sur la toute puissance du marché et de sa rationalité, ils font voir de manière explicite ce que Ricœur appelait le « paradoxe politique », à savoir « celui d’un double progrès dans la rationalité et dans les possibilités de perversion ». La thèse que je défendrai consiste à relier ce paradoxe à la double fonction que l’idée de justice sociale joue en démocratie, à la fois en tant qu’exigence et en tant qu’idée régulatrice. Tant que l’idée de justice joue à plein cette double fonction, elle contribue à assurer une dynamique consensuelle-conflictuelle fructueuse au sein des sociétés démocratiques. Elle permet de donner du sens à la vie démocratique, puisqu’elle permet d’une part d’ancrer la vie démocratique dans le désir de bien-vivre ensemble, et d’autre part de l’orienter vers la fin qui lui est propre à savoir le progrès des libertés, de l’égalité et de la solidarité. Quand cette double fonction est empêchée, les possibilités de perversion de la vie démocratie se déploient de toutes parts, tant au niveau de l’action étatique qui se replie sur l’exercice de « la violence légitime », qu’au niveau de la vie sociale qui donne prise au déferlement des passions anti-sociales.

Feriel Kandil
 Enseignant-Chercheur, philosophe et économiste
 Maître de conférences à l'Université d'Aix-Marseille  
 Faculté d'économie et de gestion (FEG)
 Ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud
 Domaines de recherche :
 Philosophies politique, économique et sociale
 Thèmes de recherche : Justice sociale et démocratie, Fondements de l'action publique, se rapportent à la philosophie politique et sociale, plus précisément aux questions de justice sociale, d'action publique et de démocratie. Elles se situent donc à l'intersection de l'économique, du politique et de l'éthique.
Publications récentes :
  Ricoeur, Rawls and the Aporia of the Just, In: Social and Critical Theory, Geoffrey Dierckxsens (Eds.), 2020-07, Volume 25, pp. 169–205, Brill Publishing, 2020
 Justice sociale et durabilité environnementale, In: Studies, Critical Theory series, Y. C. Zarka (Eds.), 2017
 "La justice est aveugle" Rawls, Harsanyi et le voile d'ignorance. Revue Économique, Volume 65, Issue 1, pp. 97-124, 2014
 Fondements de la justice, Presses Universitaires de France, 2012 

03/05/21
Travail et liberté : hier et AUJOURD’HUI
Christophe MASSOT & José ROSE – Philosophie

Projet de recherche : Travail et liberté au XXIe siécle

https://imera.univ-amu.fr/fr/node/4124
Le projet se situe dans le champ interdisciplinaire délimité par les questions suivantes: quelles retombées en termes de liberté – individuelle et collective; morale, sociale et politique – sont en train de produire les révolutions qui bouleversent aujourd’hui l’expérience, typiquement humaine, que nous appelons « travail »?
En quelles formes sera-t-il possible à l’avenir d’interpréter le travail pas seulement comme une source de pathologies sociales dramatiques et envahissantes, mais aussi comme une source fondamentale et problématique de liberté?
Quel genre de narrations et représentations orientées à l’émancipation – au niveau micrologique : mythologies personnelles, histoires et parcours de vie; et macrologique : philosophies de l’histoire, diagnostics et ontologies du présent – pourront encore avoir comme protagoniste, principal ou marginale, l’individu en relation avec son travail et en quête de sa liberté ?

Cette conférence portera sur les formes contemporaines du travail dans ses rapports avec la liberté. Après une clarification des notions de travail et d’activité, nous évoquerons certains aspects du travail tel qu’il est organisé et vécu aujourd’hui, ceci à la lumière des figures types élaborées par notre atelier Travail et Liberté : libérer le travail, se libérer dans le travail, hors le travail…
Ce sera l’occasion d’échanger sur des enjeux majeurs qui se cristallisent notamment autour des notions de subordination, d’émancipation et de démocratie dans l’entreprise.

Christophe MASSOT 
 Docteur en sciences de gestion
 Expert santé/travail pour les CSE et CHSCT
 Membre associé du Centre de Recherche sur le Travail et le Développement. Membre d'ArtLib
 Dernière publication. 2020 « Repenser l’organisation du travail avec les acteurs : expérimentation dans une clinique psychiatrique », Kornig C, Massot, Actualité et dossier en santé Publique,
 ADSP, La Documentation Française, mars, p.33.
 ­José Rose
 Professeur émérite de sociologie à Aix Marseille Université et membre du LEST-CNRS
 Publications de recherche récentes : 
Qu'est-ce que le travail non qualifié ? (La Dispute, 2012) 
Mission insertion : un défi pour les universités (Presses universitaires de Rennes, 2014)

 Domaines de recherche et compétences
 ► Les relations entre formation et emploi, entre école et entreprises 
► L'insertion professionnelle des jeunes et les transitions professionnelles 
► Les transformations du travail et de l'emploi 
► L'évolution du système éducatif et de l'enseignement supérieur
 
 

26/04/21
Travail et liberté : hier et aujourd’hui
Enrico DONAGGIO – Philosophie

Projet de recherche : Travail et liberté au XXIe siécle

https://imera.univ-amu.fr/fr/node/4124
Le projet se situe dans le champ interdisciplinaire délimité par les questions suivantes: quelles retombées en termes de liberté – individuelle et collective; morale, sociale et politique – sont en train de produire les révolutions qui bouleversent aujourd’hui l’expérience, typiquement humaine, que nous appelons « travail »?
En quelles formes sera-t-il possible à l’avenir d’interpréter le travail pas seulement comme une source de pathologies sociales dramatiques et envahissantes, mais aussi comme une source fondamentale et problématique de liberté?
Quel genre de narrations et représentations orientées à l’émancipation – au niveau micrologique : mythologies personnelles, histoires et parcours de vie; et macrologique : philosophies de l’histoire, diagnostics et ontologies du présent – pourront encore avoir comme protagoniste, principal ou marginale, l’individu en relation avec son travail et en quête de sa liberté ?

Enrico Donaggio
Professeur
Département de philosophie et sciences de l’éducation, Université de Turin (Italie)
Résident à l’IMéRA
Professeur de philosophie à l’université de Turin, Enrico Donaggio s’intéresse à l’impact des mutations contemporaines du travail sur la liberté et, plus largement, aux théories philosophiques et historiques de la modernité, aux théories du mal politique et aux théories critiques de la société. Auteur d’une centaine de publications, il a notamment écrit sur l’industrie culturelle à l’ère de Steve Jobs, assuré l’édition italienne du Nouvel esprit du capitalisme de Christian Boltanski et Eve Chiappello ainsi que plus récemment une nouvelle édition italienne du Discours de la servitude volontaire d’Etienne de la Boétie.


19/04/21
L’inhumain : une réalité objective ?
Anaïs Simon – Philosophie

L’inhumain : une réalité objective ?

« Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger », selon le vers du dramaturge latin Térence dans son Héautontimoroumenos. Or le titre de la pièce signifie en grec « bourreau de soi-même ». De fait, la comédie de Térence met en scène un père sévère qui, après avoir banni son fils, se punit de sa propre méchanceté en menant une vie dure. Aussi se trouve-t-il dans cet état d’âme – serait-ce le sentiment de culpabilité ? – ainsi décrit par Baudelaire dans le poème du même nom que celui de la pièce de Térence :

« Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau ! »

Si faire preuve d’humanité s’entend de l’attitude altruiste et bienveillante, on peut supposer que l’inhumanité serait le propre du contraire. Mais comment qualifier ce contraire ? On pourrait croire que la cruauté est ce qui contredit la bienveillance ; n’est-ce pas plutôt l’indifférence et le mépris ? L’adjectif « étranger » (« alienus » en latin) du vers de Térence suggère en effet davantage l’apathie que l’antipathie : là où je ne me reconnais aucun point commun avec l’autre, quand je suis dès lors incapable de me mettre à sa place, je ne suis pas même susceptible de haine à son égard, mais seulement d’indifférence. L’inhumanité serait-elle d’abord une forme d’insensibilité ?

Le thème de l’inhumain invite ainsi à interroger les diverses modalités de « l’autre » : est-il cet « alter ego » dans lequel je me reconnais ? Ou au contraire un pur étranger avec lequel je ne partage rien ? Et en retour, s’interroger sur la nature de l’autre implique de penser plus avant le sens de l’autodésignation : « Homo sum », « je suis un homme ».