02/05/22 – 130 avenue du Prado
CORPS, LANGAGE ET LANGUES
Sandrine ESCHENAUER – Langage

Corps, langage et langues : communiquer, ce n’est pas que dans la tête !

Les compétences de communication sont omniprésentes dans nos actions sociales et répondent à un besoin d’adaptation au milieu : on communique sur internet, dans le monde de l’entreprise, du marketing, en politique, dans la rue, à l’école ou l’université, dans les familles… Les interactions sociales passent par le langage et les langues. Mais qu’entendons-nous précisément lorsque nous parlons de communication ? De langage ? D’interactions ? De langues vivantes (étrangères) ? Quelles implications ces assertions ont-elles sur la formation en langues ?

Dans cette communication, nous nous attarderons sur l’ancrage biologique du langage. En d’autres termes, nous verrons que communiquer, ce n’est pas que dans la tête, mais c’est notre corps tout entier qui agit, y compris dans la « pensée silencieuse » (Trocmé-Fabre, 2012). Nous présenterons les apports des neurosciences cognitives, affectives et sociales (Damasio, 2010; Decety & Ickes, 2011) et plus particulièrement du paradigme transdisciplinaires de l’énaction (Varela, 1989; Varela, 1996) pour la recherche en didactique des langues et ses applications sur le terrain scolaire (Aden, 2015; Eschenauer, 2017, 2020). Ce paradigme à la croisée des neurosciences et de la phénoménologie nous permet de considérer la place de l’empathie dans la nature émotionnelle, sensorielle, kinesthésique et cognitive de la communication langagière. (Ganczarek et al., 2018; Iacoboni & Brain, 2005; Thirioux & Berthoz, 2010), comme le notait déjà Vischer dans sa thèse (Vischer, 1873).

Bibliographie :

Aden, J. (2015). Vers une pédagogie de la relation à autrui : Langues et empathie. PP. Bureau & O. Zanna (Eds.). Les dossiers EPS, Corps et climat scolaire.

Damasio, A. R. (2010). L’Autre moi-même : Les nouvelles cartes du cerveau, de la conscience et des émotions. Odile Jacob.

Decety, J., & Ickes, W. (2011). The Social Neuroscience of Empathy. The MIT Press.

Eschenauer, S. (2017). Médiations langagières dans une pédagogie énactive au collège. Étude longitudinale des liens entre les phénomènes de translangageance, d’empathie et d’expérience esthétique et leur impact cognitif dans un enseignement performatif des langues vivantes. Thèse de doctorat. Université Paris-Est.

Eschenauer, S. (2020). Le corps translangageant médiateur de sens. Une approche énactive-performative des apprentissages de langues vivantes à l’école. TIPA. Travaux interdisciplinaires sur la parole et le langage, 36, Article 36. https://doi.org/10.4000/tipa.3672

Ganczarek, J., Hünefeldt, T., & Olivetti Belardinelli, M. (2018). From “Einfühlung” to empathy : Exploring the relationship between aesthetic and interpersonal experience. Cognitive Processing, 19(2), 141 145. https://doi.org/10.1007/s10339-018-0861-x

Iacoboni, M., & Brain, A. (2005). Understanding others : Imitation, language, empathy.

Thirioux, B., & Berthoz, A. (2010). Phenomenology and physiology of empathy and sympathy : How intersubjectivity is the correlate of objectivity. In J. Aden, T.

Sandrine Eschenauer est Maîtresse de Conférences en didactique des langues et du plurilinguisme. Rattachée au laboratoire Parole et Langage (LPL UMR 7309, CNRS et AMU), elle est responsable adjointe de la Mention 2 du Master MEEF à l’INSPE d’Aix-Marseille Université (AMU) sur le site d’Aix-en Provence. Elle y est également chargée de la formation initiale en didactique des langues des professeurs des écoles, et des enseignants de langues du second degré. En deçà des spécificités des disciplines, elle s’intéresse aux compétences psychosociales qui relèvent de phénomènes et de compétences transversales propres aux processus cognitifs et au langage. 

Depuis 2020, elle est également co-responsable de l’axe éducation de l’Institut de Créativité et d’Innovation d’AMU (InCIAM).

Enfin, elle est membre fondateur du Master MEEF Formation de Formateurs Art’Enact, Université Paris-Est Créteil (UPEC), et membre élu du CA de l’ACEDLE.

Ses recherches portent principalement sur les médiations langagières, l’empathie corrélée à l’expérience esthétique comme leviers de la cognition et de la flexibilité langagière (la translangageance), les processus attentionnels, l’impact des approches performatives-énactives sur l’apprentissage des langues et l’apport de la neuro-pédagogie à la didactique des langues.

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