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11/05/24 – Bibliothèque de l’Alcazar – 58 cours Belsunce
Du taudis au Airbnb
Victor COLLET – Sociologie

Du taudis au airbnb

Petite histoire des luttes urbaines à Marseille (2018-2023)

https://agone.org/livres/du-taudis-au-airbnb

La conversion du taudis au Airbnb n’est pas l’unique facteur dans la crise du mal-logement qui s’accélère à Marseille. Elle n’est pas la plus déterminante ou la seule raison de l’implantation forcenée de la plateforme non plus. Mais la crise des effondrements et du confinement conjuguées ont offert un terreau particulièrement fertile à une plateforme qui affectionne tant les crises et qui accélère voire démultiplie en retour le mal-logement qui en facilitait l’essor. Boucle vertueuse et spéculatrice pour les uns, boucle maligne et infernale pour les habitants. L’explosion du juteux marché du « meublé » et cette reconversion de l’insalubrité marseillaise lui donnent en tout cas une saveur toute particulière : amère et franchement sordide.

Novembre 2018, Marseille, rue d’Aubagne. Deux immeubles s’effondrent sur leurs habitants : huit morts, une ville traumatisée, une mairie qui fuit toute responsabilité. Triple effondrements : physique, moral, politique. Pourtant, la catastrophe était prévisible, presque annoncée, tant la gestion urbanistique de la deuxième ville de France dysfonctionne depuis trop longtemps.

Connue pour ses marchands de sommeil, qui exploitent sans vergogne le besoin de logement des plus précaires en louant à des prix exorbitants des bâtiments indignes, Marseille est désormais en proie à une frénésie de la rénovation. Détruire puis reconstruire pour rendre la métropole enfin attractive et rentable : l’occasion est trop belle de déplacer les populations pauvres et issues de l’immigration du centre-ville, au gré des mises en péril, plus ou moins légitimes. Gentrification, touristification, soutenue par l’explosion d’Airbnb et l’absence de réglementation de la plateforme. Mais tout cela ne se fait pas sans une certaine résistance populaire. Les luttes pour l’accès à un logement digne préexistent à l’effondrement mais changent de dynamique avec le tourisme et l’installation massive de néo-marseillais, qui participent à l’explosion immobilière.

Né en 1982, Victor Collet a vécu, mené ses recherches et milité dix ans à Nanterre, des luttes de quartier à la défense des étrangers et auprès des habitants des bidonvilles d’aujourd’hui.

06/05/24 – Mairie 1&7 – 61 La Canebière
L’ÉTHIQUE COMME UN PERMANENT DÉFI
Yves PILLANT – Philosophie

L’éthique comme un permanent défi adressé au politique

Certains grands philosophes ont posé, comme une situation naturelle première, des humains qui s’entre-déchirent. Ce point de départ leur a permis de penser l’État et le droit comme nécessaires pour réguler cet état de nature.
Emmanuel Levinas met en cause ce soubassement qui justifie l’édifice d’un contrat social qui symétrise nos rapports et absorbe la dimension unique de chaque une et de chaque un dans une société-masse. Dans cette approche, la visée éthique de nos relations semble difficilement compatible avec une politique surplombante qui parle d’ordre une fois qu’elle a rétréci nos liens à de simples « rapports ».
Nous aborderons donc l’articulation entre éthique et politique, posant l’éthique comme un permanent défi adressé au politique. Nous en viendrons à regarder la possible ou impossible place de la vulnérabilité en politique et les enjeux actuels pour ce qu’on nomme vivre-ensemble.

Yves PILLANT 
Docteur en Philosophie
École doctorale : Cognition, Langage, Éducation
Unité de recherche : Institut d’Histoire de la Philosophie.
Thèse : Une politique de la vulnérabilité est-elle « pensable » ?
Responsable du laboratoire de recherche en travail social
IMFRIS (Institut Méditerranéen de Formation, Recherche et Intervention Sociale)

29/04/24 – Société des Architectes – 130 av du Prado
LE DÉFI
Bernard LAMIZET – Langage

Le libéralisme a construit une véritable société du défi. Notre société fonde nos relations sur une logique de confrontation au lieu de la fonder sur une logique de dialogue et d’échange.
Le défi est la forme revêtue dans le langage par la confrontation à l’autre dans la compétition. Défier l’autre, c’est lui proposer une compétition avec soi. C’est ainsi que les opposants défient les pouvoirs de les vaincre, et que les pouvoirs défient leurs opposants de parvenir à les dépasser. Le défi est le nom que l’on peut donner à la revendication du dépassement.
Le défi se manifeste d’abord dans des temps. Il peut s’agir du défi lancé par un membre de la famille aux autres, qu’il s’agisse du défi entre des frères ou des sœurs pour être le préféré des parents, ou du défi entre des héritiers au moment du partage. Plus tard, la figure du défi sera celle par laquelle un acteur social défiera ses opposants de remporter la victoire contre lui.
Mais le défi se manifeste, par ailleurs, dans des espaces. On peut définir ce que J. Habermas appelle l’espace public comme l’espace du défi. C’est le défi qui fait vivre l’espace public en lui donnant sa consistance, en faisant de lui l’espace social de la relation entre les acteurs de la société.

Ancien professeur à l’Institut d’Études Politiques de Lyon, Bernard Lamizet travaille sur les identités et sur la sémiotique politique

22/04/24 – Mairie 1&7 – 61 La Canebière
UTOPIES ET TRAVAIL
Enrico DONAGGIO et José ROSE – Philosophie

Le travail entendu comme une dépense d’énergie en vue de réaliser un produit ou un service, est une activité quotidienne partagée par tous les humains. Elle prend plusieurs formes (salarié, indépendant,
domestique, associatif) et inscrit les personnes dans des rapports de travail, tant hiérarchiques que coopératifs. Le travail est aussi marqué par son ambivalence, tout à la fois source de souffrance et de
créativité, d’exploitation et de possible émancipation. Chacun a un rapport singulier au travail qui, selon les circonstances, prend ou non du sens et assure ou non une reconnaissance.

L’utopie est une critique de l’existant. Elle est une espérance et une nécessité. Elle est une projection vers un ailleurs, un autrement, un meilleur. Elle est un projet destiné à dépasser ce que les situations ont d’insupportable. Elle est une énergie, un désir de dépassement, une
dynamique collective. Elle exprime un rapport spécifique au temps, à l’espace et à l’extérieur. Souvent théorique, elle peut aussi se matérialiser dans des utopies concrètes qui expérimentent de nouvelles manières de faire et de vivre ensemble.

Les utopies du travail sont ainsi de nouvelles façons de concevoir le travail, de l’organiser, de l’orienter, de lui donner du sens. Elles mettent en place des innovations techniques et sociales et testent de nouvelles façons de faire et d’être qui rendent possibles d’autres manières de produire ensemble. Ceci n’exclut pas pour autant, les dimensions ambivalentes du travail ni les difficultés inhérentes à toute forme d’action collective. Dans les utopies, le travail est vertueux, choisi, varié, autonome, source de satisfaction et d’épanouissement.

Ces questions seront développées par Enrico Donaggio et José Rose, membres de l’Atelier de recherche Travail et Libertés (IMERA-AMU).

José Rose est professeur émérite de sociologie à Aix Marseille Université, ancien directeur scientifique du Céreq et membre du LEST-CNRS (Aix Marseille Université). Il travaille notamment sur les transformations du travail et de l’emploi, les relations entre formation et emploi, école et entreprises, l’insertion professionnelle des jeunes et les transitions professionnelles ou encore l’évolution de l’enseignement supérieur. 

15/04/24 – Société des Architectes – 130 av du Prado
L’ENTRAIDE EN ÉCONOMIE  : ALTRUISME ET RÉSEAU
Renaud BOURLÈS – Économie

Les discussions récentes autour du rôle des aidants dans le cadre du risque dépendance, mais également la gestion des dernières catastrophes naturelles, mettent en évidence l’importance des mécanismes d’entraide dans la gestion des risques. Nous étudierons lors de cette conférence comment ces mécanismes peuvent se substituer ou complémenter l’assurance formelle, et l’importance du lien social pour leur mise en œuvre. Cela nous permettra notamment d’exposer comment l’économie prend en compte les relations interpersonnelles et de mettre en évidence l’importance des réseaux (ou graphes) construit par les liens sociaux.

Renaud BOURLÈS. Professeur des universités en Sciences économiques, spécialisé dans la théorie des contrats et le partage de risque. Responsable de la thématique Économie-Gestion à Centrale Marseille. Membre junior honoraire de l’Institut Universitaire de France.

08/04/24 – Mairie 1&7 – 61 La Canebière
SCÈNES DE PRISON
Leila DELANNOY-AÏSSAOUI – Sociologie

A partir d’une analyse transversale d’expérimentations citoyennes et artistiques en prison, il s’agit de renouveler une réflexion sur les fonctions sociales de la prison.

Leïla Delannoy-Aissaoui est sociologue. Depuis 4 ans, elle mène des recherches-actions au sein de la Direction Interrégionale de l’Administration Pénitentiaire de Marseille. Elle travaille actuellement sur différents sujets, en particulier: la violence carcérale, le métier de surveillant, la création artistique en prison.



25/03/24 – Mairie 1&7 – 61 La Canebière
POLITIQUES ÉCONOMIQUES EUROPÉENNES
Bernard TABUTEAU – Économie

Les crises, sanitaire et économique, puis le conflit ukrainien ont conduit les Etats de l’Union Européenne (UE) à renoncer aux politiques restrictives de la décennie 2010. Un tournant dans les politiques économiques a été initié comme en témoignent, entre autres, le plan de relance de juillet 2020, la fixation d’objectifs écologiques et énergétiques ambitieux…Ce tournant reste à confirmer et approfondir si on veut répondre aux enjeux écologiques, sociaux, industriels auxquels sont confrontés les Etats de l’UE. Une impulsion politique coordonnée est donc nécessaire. Est-elle possible ? A quelles conditions ?

Bernard TABUTEAU. Docteur en économie, administrateur INSEE. Chercheur en sciences sociales, ancien secrétaire général du CEREQ, a enseigné à l’Université d’Aix-Marseille.

23/03/24- Bibliothèque Alcazar – 58 cours belsunce 13001
KHAOS
Marouane JAOUAT – Sociologie

KHAOS L’humanité est arrivée à l’épuisement de la rationalité pour la rationalité, et se sent au seuil de l’abîme. Nous sentons bien, aussi, au-delà des angoisses de fin du monde, qu’il y a quelque chose de plus grand que nous, qui ne peut pas être déterminé ni approprié, et qui justifie de changer de civilisation. Nous le sentons, et pourtant nous restons enfermés dans nos contradictions. La modernité est communément rendue coupable de cet enfermement, et des effondrements écologiques, sociaux, psychiques qui en résultent. Ce n’est pourtant pas la modernité le problème mais son détournement. La modernité n’a en réalité jamais été fondée sur le rationalisme, mais sur une promesse initiale si puissante, qu’elle en a été dénaturée. Telle est la thèse nouvelle et radicale de ce livre.

Marouane Jaouat · Enseignant-chercheur à l’Université de Caen Normandie | Docteur en sociologie

18/03/24 – Société des Architectes – 130 av du Prado
L’enjeu écologique et social Bernard TABUTEAU – Économie

« L’enjeu écologique et social, un défi pour les politiques économiques européennes »

Les crises, sanitaire et économique, puis le conflit ukrainien ont conduit les Etats de l’Union Européenne (UE) à renoncer aux politiques restrictives de la décennie 2010. Un tournant dans les politiques économiques a été initié comme en témoignent, entre autres, le plan de relance de juillet 2020, la fixation d’objectifs écologiques et énergétiques ambitieux…Ce tournant reste à confirmer et approfondir si on veut répondre aux enjeux écologiques, sociaux, industriels auxquels sont confrontés les Etats de l’UE. Une impulsion politique coordonnée est donc nécessaire. Est-elle possible? A quelles conditions?

Bernard TABUTEAU Docteur en économie, administrateur INSEE. Chercheur en sciences sociales, ancien secrétaire général du CEREQ, a enseigné à l’Université d’Aix-Marseille.

11/03/24 – Mairie 1&7 – 61 La Canebière
La seconde révolution quantique et le prix Nobel de Physique 2022
Caroline CHAMPENOIS – Physique

Prix Nobel de Physique 2022 : Des expériences d’Aspect à l’information quantique, ou comment des concepts subtils de la mécanique quantique deviennent une ressource technologique.

Caroline Champenois, physicienne, Directrice de recherche CNRS au laboratoire PIIM Physique des Interactions Ioniques et Moléculaires (CNRS-AMU), Marseille

04/03/24 Société des Architectes – 130 av du Prado
L’INFLUENCE DES RÉSEAUX SOCIAUX
Stéphanie LUKASIK – Sciences de l’information

Les phénomènes des « influenceurs » et des « réseaux sociaux » soulèvent de nouvelles questions de société, notamment celles des usages et de la réception de l’information, de la diffusion de l’opinion et de l’influence. Invitation à réfléchir différemment sur les leaders d’opinion, les influenceurs et les réseaux sociaux en revenant au fondement de leurs fonctionnements. En prenant soin de revenir aux textes originels du modèle de l’école de Columbia, qui a forgé la figure du leader d’opinion et la théorie de l’influence personnelle, le livre examine les situations d’influence d’opinion à l’œuvre dans les activités de circulation et de réception de l’information.

Stéphanie Lukasik est enseignante-chercheuse, docteure en sciences de l’information et de la communication d’Aix-Marseille université. Elle est l’auteure de l’ouvrage L’influence des leaders d’opinion. Un modèle pour l’étude des usages et de la réception des réseaux socionumériques, paru aux éditions L’Harmattan, 2021. 

26/02/24 – Mairie 1&7 – 61 La Canebière
LE GRAND TOUR DU MONDE DES PRIMATES FOSSILES
Alexis LICHT – Sciences

Quand et comment sont arrivés primates et rongeurs en Amérique du Sud ? Que font les lémuriens sur Madagascar ? Comment se sont installées les faunes de mammifères modernes en Europe ? Ces grandes questions biogéographiques de l’histoire des mammifères sont autant de mystères sans réponse scientifique unanime. Évoquer ces énigmes est une occasion d’explorer l’histoire paléontologique, tectonique et paléoclimatique du globe depuis l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’année

Alexis LICHT Chargé de recherche CNRS au centre de recherche et d’enseignement de géosciences de l’environnement (CEREGE) depuis 2020, Prix départemental pour la Recherche en Provence 2022 (Catégorie Jeune Chercheur). Géologue sédimentaire et géochimiste, spécialisé dans les études paléoclimatiques et paléogéographiques. Il a obtenu sa thèse en sciences de la Terre à l’Institut de paléoprimatologie et paléontologie humaine (IPHEP) de l’Université de Poitiers en 2013. Il a ensuite travaillé comme post-doctorant aux universités d’Arizona, du Kansas (États-Unis) et de Potsdam (Allemagne), puis comme maître de conférences à l’Université de Washington (USA) de 2016 à 2020. 

19/02/24 Société des Architectes – 130 av du Prado
COMMENT VIVENT ET MEURENT LES GALAXIES ?
Laure CIESLA – Sciences

Les galaxies sont des systèmes vivants composés de gaz, de poussière et d’étoiles. Comme les êtres vivants, elles naissent, vivent et meurent. C’est leur histoire que nous essayons de reconstruire à travers la lumière qu’elles nous émettent. Je présenterai notre état de connaissances sur l’histoire de formation stellaire des galaxies, les techniques pour la reconstruire, et les prochaines avancées dans ce domaine.

Laure CIESLA : Je suis chercheur permanent CNRS travaillant au LAM (France) sur l’évolution des galaxies dans l’équipe « Galaxies, Etoiles et COsmologie » (GECO).

Mes recherches s’inscrivent dans le cadre de l’évolution des galaxies. Il est bien connu que les galaxies présentent une dichotomie à la fois dans la morphologie et les couleurs. Elles sont séparées entre le groupe des galaxies bleues formant des étoiles et le groupe des rouges et « mortes ». L’une des principales questions de l’évolution des galaxies est de comprendre comment les galaxies évoluent du groupe stellaire au groupe passif.

Pour résoudre ce problème, j’étudie l’histoire de la formation stellaire des galaxies en modélisant leur distribution spectrale d’énergie (SED). Je me concentre particulièrement sur l’histoire récente de la formation stellaire des galaxies en utilisant la versatilité du code d’ajustement SED CIGALE. Avec la grande quantité de galaxies observées ainsi que la large couverture de longueur d’onde de ces observations, nous avons atteint un point où nous avons besoin d’outils statistiques robustes pour comprendre les résultats de notre ajustement. Je fais partie d’un effort de collaboration entre astrophysiciens et statisticiens pour appliquer l’apprentissage en profondeur à l’ajustement SED.