Tous les articles par Jean-Pierre Brundu

27/04/26 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
Transition énergétique, ré-industrialisation, le nécessaire retour du politique
Bernard Tabuteau – Économie

Transition énergétique, réindustrialisation, le nécessaire retour du politique

La transformation du capitalisme en capitalisme actionnarial mondialisé (CAM), les politiques européennes de concurrence conduisent les États à mettre en place des politiques de compétitivité.
La désindustrialisation massive que l'on constate, notamment en France, la dépendance, la perte de souveraineté et la fragilisation de l'État Social qui en résultent, signent l'impasse de ces politiques.
La transition énergétique offre l'opportunité de servir de base à un processus de réindustrialisation. La conduite de ce processus impose de concevoir de nouvelles règles du jeu signant le retour du politique au niveau des États (France et UE) et de l'ensemble de la société.
Bernard Tabuteau
Docteur en économie, administrateur INSEE.
Chercheur en sciences sociales
Ancien secrétaire général du CEREQ,
a enseigné à l’Université d’Aix-Marseille.

13/04/26 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
IA ou le syndrome de l’Homme diminué
Marius Bertolucci – Sciences politiques

L’intelligence artificielle derrière nos écrans est devenue omniprésente. Ses capacités progressent à un rythme exponentiel dans des domaines que l’on croyait autrefois réservés aux humains, comme l’art, le langage, les relations interpersonnelles ou la science. Les innombrables IA, telles que ChatGPT, DALL-E 2 ou Midjourney, qui sont accessibles au grand public, mettent en lumière les défis d’une cohabitation incessante avec des algorithmes. En sortons-nous indemnes ? L’homme, qui rêvait de se voir « augmenté » grâce à la technique et de s’affranchir des limites liées aux contraintes biologiques, découvre qu’il risque en réalité d’être assujetti à la condition de cybcog (cybernetic cognition), un être dépendant et piloté par l’IA. Les études sont unanimes : notre exposition constante aux IA diminue nos capacités à créer, à apprendre et à penser, altère nos liens sociaux et notre autonomie.

Cet essai, qui tient compte des innovations et des recherches les plus récentes, nous informe sur les potentialités extraordinaires comme sur les dangers de l’IA, et plaide pour un encadrement strict de ses usages.
Marius Bertolucci est maître de conférences en sciences de gestion, spécialisé en gestion publique au sein de l’Institut de management public et gouvernance territoriale (IMPGT) et du laboratoire CERGAM à Aix-Marseille Université. Il est également secrétaire général de la Société de philosophie des sciences de gestion (SPSG). Il est l’auteur de l’essai L’Homme diminué par l’IA (éd. Hermann), récipiendaire du Prix Jacques Ellul 2024.

30/03/26– Mairie 1-7 – 61 La Canebière
Médias et élections
Mathias Reymond – Sciences politiques

Au nom de la démocratie, votez bien !

Au nom de la démocratie, votez bien ! 

Les médias ont orchestré l’essentiel de la dramaturgie politique du second tour des élections présidentielles de 2002 et de 2017. Au débat démocratique qu’ils chérissent tant – et qu’ils piétinent si allègrement –, ils ont préféré asséner leurs leçons de bienséance républicaine, de morale civique et de tactique électorale aux électeurs déviants.
En collaboration avec les communicants politiques, les médias fixent l’agenda électoral, influent sur ce à quoi il faut penser et disposent du pouvoir de consécration (ou de stigmatisation) des candidats. Ce journalisme de prescription des choix électoraux légitimes et d’écrasement des opinions dissidentes, on l’a déjà connu en 1992 et en 2005 avec les référendums sur le traité de Maastricht et sur le Traité constitutionnel européen.
S’ils ne font pas toujours une élection, les médias cherchent à imposer un choix qui semble inéluctable. Le choix des maîtres. En 2002 et 2017, le rappel à l’ordre médiatique de l’entre-deux-tours eut pour fonction d’effacer le désastre du premier tour : « La récréation est finie ! Au nom de la démocratie, votez ! Mais surtout, votez bien ! »
Mathias Reymond
Docteur en sciences économiques, Maître de conférences à l'Université de Montpellier, co-responsable du Master économie-science politique « Gouvernance des Sociétés et des Territoires en Transition »
Co-animateur de l'association Acrimed (Action-Critique-Médias)
Auteur de "Au nom de la démocratie votez bien !" chez Agone

16/03/26– Mairie 1-7 – 61 La Canebière
Sciences et société : quels enjeux démocratiques ?
Erika Riberi – Sciences

La science influence profondément notre vie quotidienne, de la santé publique à l’environnement.
Elle soulève des enjeux démocratiques majeurs : participation citoyenne, accès à l’information et transparence.
Les controverses récentes, comme le changement climatique ou les vaccins, montrent l’importance du dialogue entre scientifiques et citoyens.
Renforcer la culture scientifique et les instances de concertation permet de mieux associer la société aux décisions.
Cette conférence invite à réfléchir à une démocratie où science et société coexistent de manière responsable et participative.
Erika Riberi 
Enseignante-chercheuse en information-communication à la faculté des sciences d'Aix-Marseille Université.

02/03/26 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
La curiosité
Annabelle Goujon – Psychologie

Que vous évoque le concept de curiosité 
Du mythe de Pandore au vieil adage la qualifiant de vilain défaut, la curiosité a longtemps été considérée comme un vice. Pourtant présente chez tous les individus et particulièrement chez les jeunes enfants, elle constitue une fonction adaptative indéniable. C’est peut-être en raison de cette ambivalence, selon le caractère plus ou moins « noble » de l’objet qui la suscite, que le concept de curiosité questionne depuis des millénaires. Elle reste pourtant encore une énigme du champ des sciences cognitives. Comment la définir en tant que phénomène psychologique ? Quelles théories actuelles permettent d’en rendre compte ? Comment l’étudier en tant qu’objet scientifique et comment la mesurer ? Quels facteurs sont susceptibles de la stimuler ? Quels sont les mécanismes cognitifs et neuronaux qui la sous-tendent ? Mais on pourra aussi s’interroger sur la place que l’école accorde à la curiosité pour favoriser les apprentissages et le désir d’apprendre.
Annabelle Goujon
Maîtresse de conférences en Psychologie à l'Université Marie & Louis Pasteur - LINC & Inspé de Franche-Comté

16/02/26 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
La concentration des médias en France
Chloé Roulet & Gaëlle Cloarec – Sociologie

La concentration des médias en France constitue aujourd’hui une menace directe pour la démocratie.
Lorsque l’information est contrôlée par quelques grands groupes industriels, le pluralisme des idées recule.
Ce phénomène affaiblit l’indépendance des journalistes et favorise l’influence des intérêts économiques et politiques.
Dans une société démocratique, l’information ne peut être réduite à une marchandise soumise à la logique du profit.
L’uniformisation des discours appauvrit le débat public et limite l’esprit critique des citoyens.
Elle contribue également à la méfiance croissante envers les médias traditionnels.
Face à ces dérives, le droit à une information libre et pluraliste est menacé.
Il devient urgent d’interroger le pouvoir médiatique et ceux qui le détiennent.
Cette conférence entend dénoncer les dangers de cette concentration excessive.
Gaêlle Cloarec
Diplômée de l'École de Journalisme et de Communication d'Aix-Marseille.
Journaliste pigiste culture et environnement, cofondatrice du média "Qui Vive" .https://quivive.fr/

Chloé Roulet
Aspirante journaliste spécialisée dans les sujets d’intérêt général. Entre l'EJCAM, Panthéon-Sorbonne et la Universidad de Buenos Aires, elle écrit actuellement pour "Qui Vive" média indépendant axé sur l'actualité et les enjeux de l'écologie à Marseille et ses alentours.
Journaliste volontaire pour Un Bout Des Médias.
Passée par Le Petit Journal de Buenos Aires / La Zone d'Expression Prioritaire / Bondy Blog

02/02/26 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
L’industrialisation du mensonge
Quand l’exhibition de la valeur devient la seule valeur – Raphaël Liogier – Philosophie politique

Que se passe-t-il quand l'exhibition de la valeur devient la seule valeur ?L’industrialisation du mensonge est devenue l’un des phénomènes les plus inquiétants de nos sociétés contemporaines.
À l’ère de la concentration des médias et des plateformes numériques, la désinformation n’est plus accidentelle mais organisée.
Elle est produite, amplifiée et diffusée à grande échelle selon des logiques économiques et idéologiques.
Le mensonge devient un outil de pouvoir, façonnant l’opinion publique et influençant les choix démocratiques.
La répétition, la simplification et l’émotion remplacent l’analyse et la vérité.
Cette mécanique affaiblit le débat public et brouille la frontière entre information et propagande.
Elle fragilise la confiance des citoyens envers les médias et les institutions.
Face à cette dérive, l’esprit critique est plus que jamais menacé.
Comprendre les rouages de cette industrialisation est une nécessité démocratique.
Cette conférence vise à dénoncer ces pratiques et à appeler à une vigilance collective.
Raphaël Liogier
Sociologue et philosophe, professeur des universités à Science Po Aix en Provence et enseignant à Paris au Collège international de philosophie.
Success
L'industrialisation du mensonge
Raphaël Liogier

Les liens qui libèrent
https://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Success-831-1-1-0-1.html
Date de parution : 07/01/2026

19/01/26 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
Démocratie en milieu scolaire
Denis Caroti – Esprit critique

Démocratie en milieu scolaire. Éduquer à la liberté et au respect pour des citoyen·nes responsables.
L’établissement scolaire, en même temps qu’il est un lieu d’acquisition de savoirs et de développement d’un esprit scientifique et critique, est celui d’un apprentissage, commencé dès l’école élémentaire, des règles de la vie démocratique et des droits et devoirs attachés à l’exercice de la citoyenneté. Collégiens et collégiennes acquièrent un certain nombre de droits, notamment celui d’être représentés dans des instances de l’établissement et de prendre part, en tant que membre de la communauté éducative, à des décisions les concernant
; au lycée, ces droits s’élargissent, à mesure que les élèves se voient confier de plus grandes responsabilités."
Voici les premières lignes du guide de la démocratie scolaire édité par l'éducation nationale. Structurée sous forme d'élections à plusieurs strates, les élèves peuvent y endosser des responsabilités au niveau de leur classe, jusqu'à l'échelle nationale.
Quel est le rôle de ces élus et pourquoi l'endosser ? Quelles sont leurs responsabilités et en quoi sont-ils légitimes pour représenter leurs camarades ? Nous discuterons de cette démocratie en milieu scolaire, de sa pertinence, de son utilité et de ses limites à travers les témoignages d'élèves élus au conseil académique de la vie lycéenne de l'académie d'Aix-Marseille.
Denis Caroti
Docteur en philosophie sur la question de l'esprit critique
Chercheur associé au Centre Gilles Gaston Granger d’Aix-Marseille Université sur la thématique de la pensée critique.
Formateur-Référent académique pour le dispositif Esprit critique et Sciences au sein du Service Vie Scolaire
Chargé de cours AMU pour le Collège Doctoral
Intervenant pour la formation des doctorants sur la thématique Sciences esprit critique et autodéfense intellectuelle notamment.

Cofondateur du CORTECS (Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique & sciences)
Cofondateur de l’Association Marseille Zététique.
Membre du Groupe d’étude des mouvements de pensée en vue de la protection de l’individu
Membre de l’Association Sciences Technologie Société-PACA
Membre du FORMINDEP et du Réseau Culture Science PACA

05/01/26 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
Citoyenneté et contestation dans l’espace public indien
Arundhati Virmani – Sociologie

Des formes multiples de citoyenneté et de contestation ont façonné l’espace public indien, de la période coloniale à l’époque contemporaine. À partir d’une perspective sociohistorique, l’analyse met en évidence les tensions persistantes entre inclusion et exclusion dans la définition du sujet citoyen, les stratégies de mobilisation des groupes subalternes, ainsi que les transformations successives des modes d’intervention politique. Des luttes anticoloniales aux mouvements dalits, féministes, paysans et étudiants actuels, les dynamiques citoyennes apparaissent étroitement liées aux rapports de pouvoir, aux dispositifs juridiques et aux évolutions médiatiques. La démocratie indienne se donne ainsi à voir non pas comme un cadre figé, mais comme un champ en constante recomposition, traversé par des négociations, des résistances et des réinventions collectives, où les conflits eux-mêmes participent à redéfinir les contours du commun. 
Arundhati Virmani 
Ingénieure d'études de recherche et formation.

Docteur en histoire française contemporaine à l’université de Paris I-Panthéon Sorbonne (1984), A. Virmani a été maître de conférence à l’université de Delhi (de 1985-1991), à l’université de Bordeaux III (1991-1992) ; elle enseigne à l’EHESS, Campus de Marseille, depuis 1996. Elle a été research fellow de la Canon Chair en Business ethics à la Rennes School of Business (2013-2015) sur la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) au sein du patronat indien contemporain.

Ses recherches portent sur les histoires connectées du colonialisme et de la décolonisation, entre l’Europe et l'Inde, l’histoire sociale et politique de l’Inde coloniale et contemporaine. Elles couvrent les problématiques du nationalisme, les transformations des cultures politiques, les dynamiques urbaines et culturelles, les esthétiques du pouvoir au niveau tant national qu’individuel.

Son engagement dans la diffusion scientifique se manifeste également à travers des expositions et des contributions dans les médias, illustrant son rôle de chercheuse engagée au sein de la communauté académique internationale.

Ses recherches en cours concernent les héritages et les pratiques culturelles de la diaspora des anciens comptoirs de la France en Inde, les notions clés qui façonnent la culture, la société et la politique de l'Asie du Sud, une analyse comparative des productions des sciences sociales en Inde et Afrique après la décolonisation et la recherche comme agent de changement dans la société civique. Elle a cofondé la Biennale européenne d’histoire locale.

Très belle année 2026, riche de savoirs partagés, de débats et de rencontres

L’UPOP de Marseille Métropole vous souhaite une très belle année 2026.
Qu’elle soit une année de curiosité partagée, de transmission vivante des savoirs et de réflexion collective ouverte à toutes et à tous.
Ensemble, continuons à faire de l’Université populaire
un espace de débats exigeants et respectueux, de rencontres fécondes entre disciplines, générations et expériences ; de pensée critique au service de l’émancipation.
Très belle année 2026, riche de savoirs partagés, de débats et de rencontres.

15/12/25 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
Comment sortir de la Cinquième République ?
Baya Bellanger – Sciences politiques

Comment sortir de la Cinquième République et construire une Première Démocratie.

Qui n’en a pas assez ? Assez du système politique actuel, assez de subir tous les jours des décisions prises par d’autres sans jamais avoir notre mot à dire ?
Surtout quand les dirigeants qui décident de tout pour nous appartiennent aux classes privilégiées. Déconnectés de notre réalité quotidienne, ils prennent des décisions en dépit du bon sens et de l'intérêt général. 
Citoyens impuissants, nous râlons, nous manifestons, nous faisons grève. Mais nous n'avons aucune prise sur les décisions politiques qui affectent quotidiennement nos vies et l’avenir de notre pays. 
Seule la mise en place d’un régime réellement démocratique nous donnerait du pouvoir sur notre destin commun. 
Et si nous, les citoyens, devenions enfin souverains ? Et si nous prenions le pouvoir ? 
Voilà qui pourrait tout changer. Cette conférence est un mode d'emploi vers le pouvoir citoyen.
Baya Bellanger est formatrice et facilitatrice en intelligence collective, journaliste et réalisatrice de documentaires, principalement pour France Télévisions. Dans ses engagements professionnels, associatifs ou citoyens, elle explore depuis de nombreuses années la question de la délibération démocratique et de la reproduction des inégalités et des dominations.
Elle a notamment réalisé "Nous ne sommes rien, soyons tout !" , un documentaire sur l’expérience de démocratie directe des Gilets jaunes de Commercy.
Elle est l'autrice du livre "Gouvernons, de la Cinquième République à la Première Démocratie", paru aux Éditions Massot.

24/11/25 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
Comment se projeter de manière optimiste dans l’avenir ?
Deborah Pardo – Sciences

Nous sommes à l'aube d'un changement de paradigme sociétal majeur. Où les frictions s'élèvent entre ceux qui tiraient bénéfice de l'ancien monde et ceux qui ne s'y projettent pas. Nous sommes alors dans le flou, comme pris dans une tempête. Et qui sont les animaux les mieux adaptés à voler dans les tempêtes ? Les albatros. En tant que spécialiste des albatros, exploratrice polaire, maman hypersensible et entrepreneure en leadership, j'ai mis au point et vous présenterai une méthode pour aider chacun et chacune à trouver son cap d'impact dans l'incertitude : la boussole des Leaders d'Envergure. Avec l'ambition de redonner de l'espoir car sinon à quoi bon ?
Deborah Pardo est docteure en écologie, 
Scientifique à impact
Près de 15 expéditions en arctique et antarctique
Conférencière environnement et leadership
Guide naturaliste en Antarctique
Administratrice du Parc National des Calanques
Élue Top 20 des femmes innovantes, elle fait partie de la prestigieuse Société des explorateurs français.

Déployer sa vie comme un albatros Tana 2025

17/11/25 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
Économistes et historiens, un dialogue de sourds ?
Alain Trannoy et Arundhati Virmani – Économie

« Chacun peut être amené au cours de sa vie à s’intéresser à l’histoire pour saisir les enjeux d’un affrontement entre groupes sociaux ou mieux appréhender comment les doctrines naissent et disparaissent.
L’économie, de son côté, est devenue omniprésente. On écoute aujourd’hui les économistes comme les Grecs et les Romains écoutaient les oracles.
L’histoire et l’économie sont donc des disciplines incontournables.
Dans ces temps troublés, on aimerait que ces deux disciplines, aux méthodes parfois antagonistes, associent leurs génies respectifs, l’histoire offrant la perspective du temps long, l’économie offrant la panoplie la plus actuelle de méthodes quantitatives. »
Pour penser la fragile fabrique des savoirs en sciences humaines, faire dialoguer histoire et économie, et conjuguer leurs méthodes pour encourager les coopérations. Donner des éclairages inédits sur des questions actuelles, de l’histoire du travail des femmes ou de la colonisation à l’avènement de la pensée scientifique.

Alain Trannoy est économiste. Directeur d’études à l’EHESS, il est spécialiste de l’économie publique et de la fiscalité.
Arundhati Virmani est historienne. Enseignante-chercheuse à l’EHESS, elle est spécialiste de l’histoire coloniale et contemporaine de l’Inde.

Économistes et historiens, un dialogue de sourds ?
Alain Trannoy et Arundhati Virmani, Odile Jacob 2025

03/11/25 – Mairie 1-7 – 61 La Canebière
Surveillance policière, IA et répression
Félix Tréguer – Sociologie

La surveillance policière entre dans une nouvelle ère avec l’usage de l’intelligence artificielle : caméras intelligentes, reconnaissance faciale, algorithmes prédictifs. On nous promet plus de sécurité, mais en réalité, ces outils posent deux problèmes majeurs : l’opacité et la discrimination.
La question de la surveillance policière, couplée à l’usage de l’intelligence artificielle, constitue aujourd’hui un enjeu central pour nos sociétés. Elle touche à la fois à la sécurité publique, aux libertés individuelles et au fonctionnement même de la démocratie.
Les algorithmes sont souvent impossibles à contrôler : qui décide, sur quelles données, avec quelle légitimité ?
Discrimination, parce qu’ils reproduisent et aggravent les biais sociaux : erreurs plus fréquentes sur les minorités, ciblage des quartiers populaires, stigmatisation des manifestants.
Au-delà de la technique, c’est une question de démocratie. Une société sous surveillance permanente n’est pas une société libre.
Si nous ne fixons pas collectivement des limites, nous courons le risque de glisser d’un État de droit vers un État policier algorithmique.
Félix Tréguer
Chercheur associé au Centre Internet et Société du CNRS et membre depuis 2009 de La Quadrature du Net, une association dédiée à la défense des droits humains dans le contexte d’informatisation.

Ses travaux en recherche-action s’inscrivent au croisement de l’histoire et de la théorie politiques, du droit ou encore de l’étude des médias et des techniques. Elles portent sur l’histoire politique d’Internet et de l’informatique, les pratiques de pouvoir comme la censure ou la surveillance des communications, la gouvernementalité algorithmique de l’espace public et plus généralement sur la transformation numérique de l’État et du champ de la sécurité.

Il a notamment travaillé au Berkman Klein Center for Internet & Society de l’université d’Harvard, au Centre de recherches internationales de Sciences Po, à l’Institut des Sciences de la Communication du CNRS. Fin 2021, il a été chercheur invité au WZB Berlin Social Science Center. et à l’été 2024, à l’Institut Technologie et Société de Rio de Janeiro.