Archives par mot-clé : accueil

29/01/22 – Bibliothèque de l’Alcazar, 58 cours Belsunce – 13001 Marseille
Le Désert de la critique
Renaud Garcia – Philosophie

Renaud Garcia est enseignant de philosophie en lycée. Membre – de la revue d’étude et d’expression anarchiste Réfractions, – du collectif de l’Appel de Beauchastel contre l’école numérique. Il poursuit des recherches sur l’anarchisme, le socialisme et l’écologie politique. Il a réalisé plusieurs études et traductions sur Kropotkine.

Le Désert de la critique

Déconstruction et politique

La nature humaine ? Fiction dangereuse. La raison analytique ? Instrument d’uniformisation culturelle. La vérité ? Objet relatif masquant les dispositifs de pouvoir. Le langage ? Geôlier de la créativité. L’universalisme ? Alibi de l’Occident pour dominer le monde. Le corps ? Pâte à modeler au gré des innovations technologiques. Tels sont les lieux, devenus communs, de la pensée de la déconstruction.
Déconstruire… D’un concept plutôt ésotérique, les gauches « radicales » ont fait un programme systématique consistant à suspecter un rapport de domination sous chaque idée ou comportement. Si elles permettent de redoubler de subtilité sur les questions de mœurs – le domaine « sociétal » –, les théories de la déconstruction rendent les armes devant la marchandisation généralisée, l’emprise des industries culturelles et l’artificialisation du monde. Qui évoque la nécessité d’une décélération, parle d’aliénation, remet au cœur de l’analyse le corps vécu dans un environnement limité, commet dès lors le crime ultime : réintégrer un moment conservateur dans la critique.
Occupées à déconstruire et à se déconstruire à l’infini, les gauches « radicales » ont négligé le terrain du social, qu’une extrême droite opportuniste a investi en exploitant la détresse des perdants de l’histoire. Cet ouvrage tente de comprendre comment nous en sommes arrivés là, de donner les raisons de ce sabordage intellectuel et politique, en analysant l’influence de la déconstruction sur la critique sociale contemporaine. Il en appelle par là même à un renouveau de la lutte contre le capitalisme sur de tout autres fondements théoriques.

Le Désert de la critique Déconstruction et politique  Renaud Garcia L'échappée

Le Désert de la critique

24/01/22 – 130 avenue du Prado
Le cerveau
Philippe Horin – Sciences

Le changement, c’est maintenant !
Comment faire évoluer notre cerveau grâce à la compréhension de son fonctionnement.

Nous avons aujourd’hui une chance à saisir : grâce en particulier au développement de l’imagerie cérébrale, d’énormes avancées ont été accomplies dans la compréhension du fonctionnement du cerveau.
Même si tous les secrets de la matière grise (et blanche) ne sont pas encore percés, certaines avancées peuvent dès aujourd’hui nous aider à améliorer nos capacités dans de nombreux domaines. En tenant compte par exemple du fait que notre cerveau n’est pas adapté au 21ème Siècle, ou qu’il n’est pas construit au départ pour être heureux, nous allons pouvoir mieux le piloter.
En effet, sans le moindre dopage, il est possible de tirer un meilleur parti de nos neurones, en les connectant, en les associant, en les oxygénant, en prenant en compte nos rythmes biologiques, en gérant notre circuit de la récompense et nos émotions, etc.

Ingénieur de formation, Philippe HORIN s’est intéressé il y a 20 ans au fonctionnement du cerveau pour mieux mémoriser le nom de ses 300 collaborateurs, et pouvoir continuer à jouer du piano avec et au niveau de sa fille entrée au conservatoire. Au vu des résultats inespérés obtenus, il se passionne pour le sujet bien au-delà de la mémoire, au point de démissionner 12 ans plus tard de son poste de directeur d’établissement d’enseignement supérieur pour fonder la SAS NEUROBOOST. Après un Master en Programmation Neuro-Linguistique, il suit plusieurs formations en neurosciences et en psychologie. Il a initié en conférences plusieurs milliers de curieux et de managers. Il est l’auteur du livre « Prenez votre cerveau en main sans vous prendre la tête ».

17/01/22 – 130 avenue du Prado – 13008
Singulière singularité
Éloïse Boisseau – Philosophie

La conférence portera sur l’idée de la possibilité (souvent présentée comme prochaine) d’un bouleversement sans précédent dans nos vies lié à l’apparition de machines dites « super-intelligentes ». Ce point de rupture, à partir duquel le statut et la place de l’être humain dans le monde devront être redéfinis, est communément appelé « point de singularité technologique » (ou plus brièvement « singularité »).
Dans le temps qui nous sera imparti et dans le but de mieux saisir ce que recouvre cet étrange concept de singularité, nous exposerons les arguments fréquemment avancés en sa faveur. Nous interrogerons ensuite son intelligibilité en nous penchant sur quelques unes des nombreuses prétentions (et prévisions) fréquemment faites en son nom. Nous chercherons enfin à montrer qu’au delà de l’opposition habituelle entre possibilité et impossibilité d’un tel événement aux allures millénaristes, une troisième voie nous aidera à y voir plus clair et à mieux appréhender les termes et enjeux du débat.

Éloïse Boisseau est doctorante contractuelle en philosophie à l’université d’Aix-Marseille, rattachée au centre Gilles Gaston Granger. Ses recherches portent sur la philosophie de l’intelligence artificielle et sur la question de l’attribution de caractéristiques psychologiques aux machines.

Le diaporama projeté pendant la conférence est ci-dessous :

https://www.dropbox.com/s/gl0ekb6jqeui9d5/Diapo-singularit%C3%A9-technologique.pdf?dl=1

10/01/22 – 130 avenue du Prado
L’égalité homme-femme en langage
Ann Coady – Langage

Que vient faire le langage dans les relations homme-femme, mais aussi dans les identités de genre plus globalement ? Le langage lui-même peut-il être sexiste ou s’agit-il seulement de la façon dont on l’emploie ? Le masculin est-il vraiment générique ? Si oui, d’où vient cette généricité ? Un langage plus inclusif contribue-t-il à combattre le sexisme dans le monde ?

Voici quelques questions que nous allons aborder dans cette présentation sur le langage et genre, une question qui fait débat en France depuis bien longtemps, mais qui a ressurgi depuis ces dernières années avec la question du fameux « point médian ». Même si le point médian ne représente qu’un seul « outil » parmi d’autres pour construire un langage plus inclusif, il a soulevé beaucoup d’interrogations autour du rôle que joue le langage dans la discrimination, et autour du rôle que joue, ou que doit jouer, la langue française.

Ann Coady est professeure agrégée d’anglais à la Faculté des Sciences à Aix-Marseille Université depuis 2006.

Thèse en 2018 à l’Université Sheffield Hallam au Royaume Uni sur le débat sur le langage non sexiste en comparant le français et le anglais.

Ses recherches portent sur le genre et la langue, plus spécifiquement la réforme linguistique féministe en anglais et en français, les discours et les idéologies utilisées dans les débats sur le langage sexiste dans les médias.

Ses intérêts de recherche portent sur la réforme linguistique féministe en anglais et en français, le genre et la langue, les idéologies linguistiques, la linguistique de corpus, la sociolinguistique et l’analyse du discours.

Membre du comité de rédaction de la revue GLAD ! (Revue sur le langage, le genre et les sexualités):
https://journals.openedition.org/glad/

Ses publications récentes :

Elle a publié plusieurs articles sur le langage et le genre, le dernier a été publié fin 2020 dans un dossier spécial des Cahiers du genre intitulé « Genre, langue et politique » :
https://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2020-2.htm

L’origine du langage sexiste, Genre et langue, 2018.

03/01/22 – 61 la Canebière
Changer la ville, changer ses habitants ?
Marie Beschon – Sociologie

Pourquoi les grands projets urbains peinent-ils tant à intégrer les habitants ?
Élaboré à la fin des années 1980 et décrété Opération d’intérêt national en 1995, le projet Euroméditerranée a été conçu comme une réponse aux difficultés socio-économiques, urbaines et symboliques de Marseille. L’ambition du projet, envisagé comme « une thérapie de choc », était double : rénover le centre-ville et proposer un urbanisme de processus, inclusif et évolutif (Pinson 2009), à même de respecter l’existant. Aujourd’hui encore, les multiples objectifs du projet, de la modernisation des infrastructures au développement des institutions culturelles de la ville, visent à « rompre avec la spirale du déclin économique de Marseille » sans « chasser les pauvres ».
La question de la pauvreté est centrale pour comprendre les projets de rénovation urbaine à Marseille. La subsistance d’un centre-ville populaire et résistant à la gentrification (Mateo-Escobar 2012), capable de s’effondrer sous une pluie insistante, constitue une raison de l’élaboration du projet Euroméditerranée dès la fin des années 1980. Mais alors que l’ancienne équipe municipale n’avait pas caché ses intentions de « nettoyer » le centre-ville de ses populations pauvres et (d’origine) immigrée (Ascaride et Condro 2001), l’Établissement public d’aménagement d’Euroméditérranée (EPAEM) se distingue par la volonté affichée d’assurer le maintien des populations en place dans la ville : moderniser tout en respectant l’existant.
La supposée noblesse du combat pour « la ville de demain, durable et innovante », visant à faire advenir ce que le centre-ville « traditionnel » n’a jamais su devenir. Quelle que soit l’humanité des aménageurs, la ville nouvelle à créer, comme son aînée abîmée, demeure sourde à ses administrés dès qu’il s’agit de projeter et de faire. Comme si l’aménagement, quelle que soit l’humanité de ses acteurs, était condamné, par son univers épistémologique et pratique, à demeurer insensible à la ville habitée (Paquot 2005).

Marie BESCHON est docteure en anthropologie. Elle a soutenu sa thèse (dir. Michel Agier, EHESS) en 2019 : « Euroméditerranée ou la ville de papier : ethnographie du monde des aménageurs ». Son doctorat fait suite à un master à l’Institut d’Études Politique de Paris et une maîtrise de philosophie à l’Université d’Aix-Marseille. Elle mène actuellement des ateliers d’éducation populaire au sein du Collectif Manifeste Rien en tant que médiatrice socio-culturelle. Elle a depuis intégré l’Institut Régional du Travail social PACA pour mener des cours de méthodologie et d’initiation à la recherche.

20/12/21 – 130 avenue du Prado
Marseille et le banditisme
Anne Kletzlen – Sociologie

Marseille et le banditisme

Bien qu’ils alimentent la chronique politico-médiatique, les règlements de comptes entre malfaiteurs perpétrés dans la métropole marseillaise ne représentent pas un phénomène nouveau. Les homicides entre bandits ont diminué en 30 ans en raison de l’état des marchés criminels, l’usage de la kalachnikov et du « barbecue » n’est pas inédit, les enjeux des meurtres sont toujours les mêmes (compétitifs, transactionnels, de délation …).

En revanche, les rationalités et usages de ces meurtres sont l’objet de recompositions. L’homicide, intentionnel ou impulsif, tend à devenir un mode comme un autre et non plus l‘ultime moyen de traitement des affaires des malfaiteurs. Ce serait là la nouveauté des années 2010 si tant est qu’il y ait nouveauté.

De nombreuses porosités existent entre les différentes formes de banditisme. Les néo-bandits constituent les futurs grands bandits, les narco-bandits représentent les uns et les autres œuvrant dans les trafics de stupéfiants.

Anne Kletzlen

Docteure en droit

Chercheuse associée au MESOPOLHIS (axe 6 : normes, déviances, savoirs de gouvernement), UMR 7064 (CNRS/Sciences po/AMU).

Ses recherches portent sur les processus de création et de mise en œuvre des lois et des politiques publiques dans deux domaines : la sécurité routière et la délinquance organisée. Dans ce dernier domaine, elle a travaillé sur les régulations juridiques des trafics de stupéfiants et de cigarettes, du blanchiment de leurs produits et sur les règlements de comptes entre malfaiteurs. Sur ce point, elle a restitué les processus de production de ces homicides et les enjeux de ces crimes (cf. livre Bandits contre bandits, PUP, 2020).

https://presses-universitaires.univ-amu.fr/bandits-contre-bandits-0

 

13/12/21 – 61 la Canebière
Épidémies et économie mondiale
Gilles Dufrénot – Économie

Professeur de Sciences Économiques à Aix-Marseille Université et membre de l’École d’Économie de Marseille (AMSE). Il est également chercheur associé au CEPII. Il a été Professeur d’Économie aux Universités de Paris XII et de Savoie avant de rejoindre l’Université d’Aix-Marseille.

La mondialisation est-elle responsable des pandémies ? En ce cas, faut-il en défaire les fils tissés depuis plusieurs siècles ?
Depuis toujours, les routes commerciales ont coïncidé avec l’apparition, la disparition et la réémergence des nouveaux virus. Les évolutions de la mondialisation ont renforcé ces liens : la déforestation, l’agriculture intensive, la perturbation des cycles géologiques et géophysiques, le réchauffement climatique, ainsi que les atteintes à la biodiversité, animale et végétale, ont accru les risques sanitaires.

Diaporama projeté par Gilles Dufrénot

06/12/21 – 130 avenue du Prado
La grotte Cosquer révélée
Pedro Lima – Histoire

Pedro Lima

Journaliste scientifique

La grotte Cosquer, site préhistorique orné unique au monde immergé dans les Calanques de Marseille, a été fréquentée durant des millénaires par des chasseurs-cueilleurs de la période paléolithique, entre – 33 000 et – 19 000 ans. Ils y ont peint et gravé des centaines de signes et de figures animales (chevaux, bisons, bouquetins..) dont des animaux marins uniques dans tout l’art pariétal (phoques et pingouins). Partiellement engloutie il y a 9 000 ans après la dernière glaciation, la grotte a été redécouverte à la fin du siècle dernier et déclarée officiellement en 1991, avant d’être étudiée par les scientifiques.

29/11/21 – 61 la Canebière
Les effets de la pratique musicale
Aline Frey – Sciences

Aline Frey est Maitresse de Conférence au Laboratoire de Neurosciences Cognitives (LNC) à Marseille – elle enseigne la psychologie des apprentissages à l’INSPE d’Aix-Marseille.

Lauréate du prix départemental jeune chercheur 2020.


Son exposé traitera des effets de la pratique et de l’écoute musicale sur le fonctionnement cognitif et cérébral.
En effet, de nombreuses études ont pu montrer les effets de transferts entre la musique et d’autres compétences non musicales. Elle présentera notamment ses recherches récentes sur l’impact de la pratique du chant choral sur le développement cognitif d’enfants issus de milieu modeste. Ces recherches ouvrent des perspectives pour des stratégies d’apprentissage et de stimulation cognitives ludiques et alternatives.

Diaporama “ Les effets de la pratique musicale sur le développement des fonctions cognitives »

https://drive.google.com/file/d/1HP_N32ypYLssm9DGEwlnXRl45AVP8Pao/view?usp=sharing

Chanter au quotidien,
Musicatreize à l’École Saint-Mitre

22/11/21 – 130 avenue du Prado
Intelligence Artificielle : mythes et réalités
Odile Papini – Sciences





Professeure émérite des universités
Chercheuse en Intelligence Artificielle au
Laboratoire d’informatique et des Systèmes LIS-CNRS
Aix Marseille Université

Références bibliographiques : P. Marquis, O.Papini, H. Prade. Panorama de l’intelligence artificielle, ses bases méthodologiques, ses développements. Cépadues. 2014. P. Marquis, O.Papini, H. Prade. A guided tour of Artificial Intelligence Research. Springer. 2018.

L’Intelligence artificielle est omniprésente dans les médias, elle ne cesse d’alimenter l’imaginaire collectif,
suscitant parfois bien des malentendus. Qu’est que l’intelligence ? Que penser de son impact sur la société ?

15/11/21 – 61 la Canebière
Les socialismes et l’idée de changement au XIXème siècle 
Stéphane Rio – Histoire

Changer de bases :

Le socialisme et l’idée de changement au XIXème siècle :

Le XIXème est un siècle de révolutions. Révolution des moyens de production avec la montée en puissance du capitalisme. Révolution du travail avec la naissance de la classe ouvrière concentrée dans les usines. Révolution de la pensée avec notamment la naissance du socialisme s’attachant à comprendre et dénoncer les positions de classes et l’exploitation des travailleuses et des travailleurs.

Tous ces changements font naître d’intenses débats au sein du mouvement ouvrier naissant. Quelles sont les conséquences de ce nouveau monde ? La technologie amènera-t-elle progrès ou aliénation ? Est-il possible de construire une société sur de nouvelles bases ?

 

Agrégé d’histoire

Professeur d’histoire et géographie à Marseille


Continuer la lecture de 15/11/21 – 61 la Canebière
Les socialismes et l’idée de changement au XIXème siècle 
Stéphane Rio – Histoire

08/11/21
Esquisse d’un libéralisme soutenable
Claude Gamel – Économie

Claude Gamel, Professeur des Universités, Professeur d’économie à Aix-Marseille université (AMU) et membre du laboratoire d’économie et de sociologie du travail (LEST), il consacre ses recherches aux théories de la justice sociale et à leurs applications (protection sociale, éducation, droit, fiscalité). 

Prix « Grammaticakis-Neumann » de l’Académie des sciences morales et politiques (quai Conti) pour son ouvrage “Esquisse d’un libéralisme soutenable” publié chez les presses Universitaires de France, collection Génération Libre.

TRAVAUX ET PUBLICATIONS (1980-2021)
Ouvrages individuels
2021, Esquisse d’un libéralisme soutenable. Travail, capacités, revenu de base, P.U.F., collection « Génération Libre » (préface de G. Koenig),


Presses Universitaires de France

Esquisse d’un libéralisme soutenable.

Philosophie mal connue en France et souvent caricaturée, le libéralisme prend pourtant tout son sens par intégration de ses dimensions politique et économique. Un libéralisme socialement soutenable est alors possible, avec comme principe directeur la dispersion maximale du pouvoir. Si l’«ordre social spontané » de Hayek en est la toile de fond, les «principes de justice » de Rawls fournissent, une fois remaniés, les trois axes prioritaires d’une régulation moderne : travail choisi, capacités enrichies, revenu universel de base. En plaçant la pensée française au cœur des réflexions sur le libéralisme, en l’appliquant aux dossiers contemporains des données personnelles ou de l’environnement, Claude Gamel rend possible le renouvellement des débats et des politiques. C’est un véritable programme d’action qu’il propose, détaillant entre autres les modalités d’un contrat de travail unique, la nécessité de mieux partager les profits des entreprises ou encore la mise en œuvre progressive d’un revenu universel de base.
En mêlant culture philosophique et savoir économique, Claude Gamel nous livre ici le fruit d’une vie de réflexions, qui pourra servir de guide à de nouvelles générations d’intellectuels au service de la liberté.

01/11/21
1er novembre – Jour férié

Paroles de la chanson Le Testament par Georges Brassens

Je serai triste comme un saule
Quand le Dieu qui partout me suit
Me dira, la main sur l’épaule:
« Va-t’en voir là-haut si j’y suis. »
Alors, du ciel et de la terre
Il me faudra faire mon deuil…
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil?
Est-il encor debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil?

S’il faut aller au cimetière,
J’prendrai le chemin le plus long,
J’ferai la tombe buissonnière,
J’quitterai la vie à reculons…
Tant pis si les croqu’-morts me grondent,
Tant pis s’ils me croient fou à lier,
Je veux partir pour l’autre monde
Par le chemin des écoliers.
Je veux partir pour l’autre monde
Par le chemin des écoliers.

Avant d’aller conter fleurette
Aux belles âmes des damné’s,
Je rêv’ d’encore une amourette,
Je rêv’ d’encor’ m’enjuponner…
Encore un’ fois dire « Je t’aime »…
Encore un’ fois perdre le nord
En effeuillant le chrysanthème
Qui’est la marguerite des morts.
En effeuillant le chrysanthème
Qui’est la marguerite des morts.

Dieu veuill’ que ma veuve s’alarme
En enterrant son compagnon,
Et qu’pour lui fair’ verser des larmes
Il n’y ait pas besoin d’oignon…
Qu’elle prenne en secondes noces
Un époux de mon acabit:
Il pourra profiter d’mes bottes,
Et d’mes pantoufle’ et d’mes habits.
Il pourra profiter d’mes bottes,
Et d’mes pantoufle’ et d’mes habits.

Qu’il boiv’ mon vin, qu’il aim’ ma femme,
Qu’il fum’ ma pipe et mon tabac,
Mais que jamais – mort de mon âme! –
Jamais il ne fouette mes chats…
Quoique je n’ai’ pas un atome,
Une ombre de méchanceté,
S’il fouett’ mes chats, y’a un fantôme
Qui viendra le persécuter.
S’il fouett’ mes chats, y’a un fantôme
Qui viendra le persécuter.

Ici-gît une feuille morte,
Ici finit mon testament…
On a marqué dessus ma porte:
« Fermé pour caus’ d’enterrement. »
J’ai quitté la vi’ sans rancune,
J’aurai plus jamais mal aux dents:
Me v’là dans la fosse commune,
La fosse commune du temps.
Me v’là dans la fosse commune,
La fosse commune du temps.