Archives de catégorie : Monique Pillant

Monique Pillant, est professeure certifiée, a fait ses études à l’université d’Aix-en-Provence, enseigne la philosophie depuis 25 ans et depuis plus d’une quinzaine d’année au lycée Thiers de Marseille.

20/05/19
Qu’est-ce qu’un peuple ?
Monique Pillant – 2/2

Conférence-débat avec Monique Pillant*
Qu’est-ce qu’un peuple ? Une réalité ? une fiction ? une légende ? une chose ? Le mot déjà renvoie à différents sens : un sens social où être du peuple n’est pas faire partie des grands ; un sens ethnologique où le peuple se confond avec la nation ; un sens politique et juridique où le peuple est l’autorité suprême de faire la loi. Ce dernier sens se construit dans la modernité, au cours des épisodes révolutionnaires en Amérique et en France. Mais comment entendre la proposition « Le 14 juillet, le peuple de Paris a pris la Bastille » ? Pour un aristocrate, le peuple se confond avec la foule haineuse, la populace qui vise la destruction de l’ordre établi ; pour un bourgeois, le peuple est une multitude animée par des intérêts particuliers et ignorante de son intérêt véritable ; pour un démocrate, le peuple qui prend la Bastille est un sujet historique qui manifeste enfin sa force, son exigence de justice et son désir de liberté. A-t-on affaire à un peuple prenant en charge son devenir politique ou bien à une populace irrationnelle et ignorante ? L’enjeu de cette réponse est politique, engage le sens que l’on donne à la vie politique, à la finalité de l’Etat, et la possibilité de vivre simplement en démocratie. Il s’agira donc de voir comment les sens engagés dans le mot peuple  peuvent produire diversement de la soumission aveugle à un chef, ou une indifférence à l’Etat, ou bien encore une activation de la capacité d’agir pour le bien commun.

*Monique Pillant, professeure certifiée, a fait ses études à l’université d’Aix-en-Provence. Elle enseigne la philosophie depuis 25 ans et depuis plus d’une quinzaine d’année au lycée Thiers de Marseille.

05/06/18
L’irrationalisme religieux
La religion – Philosophie – Monique Pillant

Monique Pillant*

Philosophie

La religion

05 juin : La revendication de l’irrationalisme religieux :
le besoin de croire à une transcendance.

* Monique Pillant, est professeure certifiée, a fait ses études à l'université d'Aix-en-Provence, enseigne la philosophie depuis 25 ans et depuis plus d'une quinzaine d'année au lycée Thiers de Marseille.

« Nous employons sans trop de difficulté le mot religion : serait religieux un système de croyances, lié à une activité rituelle et cultuelle, relative à un ou des dieux, en un espace sacré, par opposition à l’espace profane. Pourtant, pour citer Jean Bottero, l’historien, spécialiste de la Mésopotamie, « dans la religion Dieu vient assez tard et il n’est même pas nécessaire qu’il vienne » : il y a des religions sans dieu, et aussi des sociétés où la religion est partout, et ne se tient pas dans l’espace du temple, de l’église, de la mosquée. Pour résoudre la difficulté constituée par l’irréductible hétérogénéité des religions dans l’espace et le temps, on s’est avisé de la réduire à une ou des fonctions, fonctions psychologique ou sociale, ou encore idéologique. Loin de se caractériser par un contenu de croyance, elle se tiendrait dans la fonction qu’elle sert : rassurer et protéger de l’angoisse du lendemain, justifier l’ordre social et ses injustices, fonder la communauté sociale. Dans ces conditions, on peut penser une religion séculière, par exemple marxiste, et même tuer en son nom, comme le faisaient notamment les Brigades rouges. Mais n’est-ce pas passer à côté de ce qui distingue essentiellement la religion de toute autre forme de croyance ou d’adhésion ? La réduction fonctionnelle fait l’impasse sur la foi du croyant, et sa relation personnelle au sacré. Tenir compte de ce mysticisme propre à la religion, prendre acte de son irrationalité, c’est comprendre que la religion se tient dans un libre engagement de chacun dans une perspective existentielle de salut. En témoignerait aussi la floraison des religions « à la carte », syncrétiques et affranchies des institutions. Dès lors, il ne faudrait pas demander au croyant des raisons de croire. Pourtant on voit bien que la religion a intérêt à se placer à l’abri de toute critique : dire qu’elle se tient dans une relation personnelle de l’humain au sacré, n’est-ce pas l’exempter d’avoir à rendre compte du fanatisme religieux et de la quantité invraisemblable de crimes commis en son nom ? »