Archives de catégorie : Histoire des religions

29/10/18
Les bibles du 1er millénaire
Bibliographie 2

Les Bibles du premier millénaire – Gilles Dorival –

29 octobre 2018

Les traductions de la Bible hébraïque :

* en grec : au 3e s. avant, à Alexandrie, la Torah, sous les auspices des Ptolémées. Au cours des siècles suivants, les autres livres, à Alexandrie, à Jérusalem, ailleurs. Derniers livres traduits : Ruth, Lamentations, Cantique, Ecclésiaste, entre + 30 et + 125. Autres traductions en grec : Théodotion (+ 50), Aquila (vers 130), Symmaque (vers 160-180).

* en syriaque : la Peshitta (« simple » par opposition à savante), soit par des Juifs, soit par des chrétiens, soit par les deux groupes. Histoire textuelle complexe, marquée par l’influence de la LXX et des réalignements sur l’hébreu. C’est l’Ancien Testament de l’Eglise syriaque.

* en latin : la Vulgate de Jérôme, à la fin du 4e siècle. Elle ne s’impose pas avant le 6e siècle et même le Moyen Âge.

* en arabe : au 10e s., par Saadiah Gaon, à Babylone ; il y a des versions arabes postérieures ; certaines sont faites sur la Peshitta et/ou la Syro-Hexaplaire ou encore sur les versions coptes.

Les traductions de la Bible grecque :

* en latin : par les chrétiens vers la fin du 2e s. ; c’est la vieille latine, à l’histoire textuelle complexe ; c’est l’Ancien Testament des Pères latins (Augustin).

* en copte (= égyptien des chrétiens) : vers 150-200 ; plusieurs traductions.

* en gothique : vers 350, par Ulfila.

* en arménien : par Mesrob Machtotz assisté de Sabak le catholikos, au début du 5e siècle ; peut-être traduite sur la Peshitta, mais alors révisée sur la LXX à travers les siècles.

* en géorgien : à partir du 5e s., sur le texte arménien, mais la traduction est révisée sur la LXX.

* en éthiopien guèze : vers 500 ; version révisée à travers les siècles, puis traduite tardivement en éthiopien amharique. C’est la Bible des Juifs falashas.

* en syriaque : Syro-Hexaplaire, traduction de la colonne LXX des Hexaples d’Origène, achevée en 616-617 à Alexandrie par Paul de Tella ; adoptée par une bonne partie des commentateurs syriaques.

* en vieux slave : par Cyrille et Méthode, au 9e s. ; version remaniée à travers les siècles sur l’hébreu, le grec et le latin.

* en arabe : au 9e s., par Hunayn ibn Ishaq.

L’originalité de la LXX : elle n’est pas organisée comme la Bible hébraïque ; elle contient tous les livres de cette dernière, mais ajoute des livres et des passages ; elle a des versets en plus et en moins ; elle présente des différences d’interprétation. Traductions en allemand, anglais, français (« La Bible d’Alexandrie »), italien, etc.

  • La LXX ne connaît pas la Loi, les Prophètes et les Ecrits, mais seulement la Loi et les Prophètes, qui forment un seul ensemble. Il n’y a pas de hiérarchie entre les livres, qui sont à égalité pour l’argumentation (voir Matthieu 12, 1-8, les apôtres ramassent des épis le jour du sabbat ; les Pharisiens argumentent à partir de la Loi, Jésus à partir de 1 Samuel 21, 1-6).

* Les deutérocanoniques/apocryphes : leur nombre varie selon les manuscrits. Ecrits juifs :

1 Esdras (= 3 Esdras de la Vulgate), traduit sur l’hébreu, qui raconte la même histoire que l’Esdras hébreu, mais a des ajouts (qui est plus fort que le roi : le vin, les femmes ou la vérité ?).

Judith (original hébreu) : comment une jeune veuve décapite le général assyrien Holopherne.

Tobit (original araméen et hébreu) : histoire de Tobit et de son fils Tobie.

Siracide ou Sagesse de Jésus fils de Sirakh (original hébreu) : vers – 200

Sagesse (de Salomon) : vers – 50, à Alexandrie.

Psaumes de Salomon (original hébreu) : vers – 50.

1 Maccabées (original hébreu) : histoire de la révolte juive entre – 175 et -135.

2 Maccabées (original grec) : histoire de la révolte juive entre – 175 et – 160.

3 Maccabées (original grec) : les Juifs menacés à Jérusalem et en Egypte par Ptolémée IV Philopator (fin du 3e s.).

4 Maccabées (original grec) : la raison pieuse maîtrise les passions, comme le montrent les martyres d’Eléazar et de la mère et de ses 7 fils.

* Les passages supplémentaires (rédigés par des Juifs) :

Additions à Jérémie : Baruch (traduit de l’hébreu et de l’araméen) et Lettre de Jérémie (grec).

Addition aux Psaumes : Ps 151.

Addition à Daniel : histoire des 3 jeunes gens ; Suzanne, Bel et le dragon.

Additions à Esther (où figure le nom de Dieu).

* Versets différents :

Genèse 4, 7 (Dieu agrée le sacrifice d’Abel, mais non celui de Caïn). Hébreu « Est-ce qu’il n’y aura pas, si tu agis bien, élévation ? Et, si tu n’agis pas bien, à la porte le péché [est] tapi ». Grec : « Si tu as présenté correctement, mais partagé non correctement, n’as-tu pas péché ? Reste tranquille ».

Isaïe 28, 9-11. Hébreu « Ordre sur ordre, règle sur règle, un peu par ici, un peu par ici » (moquerie à l’égard du prophète dont les propos seraient des bégaiements ; ou imitation de l’enseignement élémentaire comparé à un balbutiement). Grec : « Reçois épreuve sur épreuve, reçois espérance sur espérance, encore un peu, encore un peu ».

29/10/18
Les bibles du 1er millénaire 2/2
Gilles Dorival

 La Bible hébraïque a été traduite en grec à Alexandrie avant l’ère chrétienne: c’est la Bible des Septante, qui est juive. Durant le premier millénaire elle a été traduite en syriaque (c’est la Peshitta, qui est juive et/ou chrétienne) et en latin (c’est la Vulgate de Jérôme). De son côté, la Septante a été traduite en latin (c’est la Vieille Latine, qui est la Bible d’Augustin), en copte, en éthiopien, en slavon, en arménien, en géorgien, en arabe. Il n’est pas exagéré de dire que la Bible du premier millénaire est la Septante, et non la Bible hébraïque, qui joue un rôle secondaire. Comme toute traduction est interprétation, il y a des enjeux de sens dans les Bibles du premier millénaire, auxquels on s’intéressera.

Gilles Dorival

- Professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille (département des sciences de l’Antiquité)

- Ancien directeur et co-fondateur du Centre Paul-Albert Février 
- Philologue

Thèmes de recherche :

- Histoire des traditions bibliques
- Bible grecque des Septante
- Patristique

Gilles Dorival a commencé à s’intéresser à l’histoire des religions et aux Pères grecs de l’Église dès sa première année à l’École normale supérieure de la rue d’ULM (1965-1966). Il s’initie alors à la patristique et pour mieux comprendre et interpréter les Pères et leur interprétation de la Bible il se met à l’hébreu.

Depuis quarante ans, il enquête sur les rapports entre la Bible hébraïque et les traductions grecques dont elle a fait l’objet. Il a également travaillé sur les traditions syriaques, latines, arméniennes, géorgiennes…, de la bible. Il est l’auteur avec Marguerite Harl et Olivier Munnich d’une introduction générale à « La Bible grecque des Septante », parue aux éditions du Cerf (1988, réédition en 1994). Il a également écrit, co-écrit ou dirigé 17 livres et plus de 170 articles.
L’ensemble des travaux de Gilles Dorival s’inscrit dans la lignée féconde des exégèses bibliques.

Gilles Dorival a par ailleurs occupé de nombreuses fonctions d’encadrement de la recherche et de l’enseignement supérieur, ainsi que des responsabilités éditoriales au sein de maisons d’édition et de revues scientifiques. Il a été directeur du Centre Paul-Albert Février de 2001 à 2010 et membre senior de l’Institut universitaire de France (chaire « judaïsme hellénistique et christianisme ancien ») de 2000 à 2010.

Il co-dirige la collection « La Bible d’Alexandrie » (Éditions du Cerf), qui est une traduction annotée de la Septante. Dix-huit volumes sont parus à ce jour (2012).

Téléchargez la bibliographie intégrale de Gilles Dorival :

http://www.cpaf.cnrs.fr/IMG/pdf/G-Dorival-publi-web.pdf

Présentation et bibliographie

Les Bibles du premier millénaire – Gilles Dorival

29 octobre 2018

Les traductions de la Bible hébraïque :

* en grec : au 3e s. avant, à Alexandrie, la Torah, sous les auspices des Ptolémées. Au cours des siècles suivants, les autres livres, à Alexandrie, à Jérusalem, ailleurs. Derniers livres traduits : Ruth, Lamentations, Cantique, Ecclésiaste, entre + 30 et + 125. Autres traductions en grec : Théodotion (+ 50), Aquila (vers 130), Symmaque (vers 160-180).

* en syriaque : la Peshitta (« simple » par opposition à savante), soit par des Juifs, soit par des chrétiens, soit par les deux groupes. Histoire textuelle complexe, marquée par l’influence de la LXX et des réalignements sur l’hébreu. C’est l’Ancien Testament de l’Eglise syriaque.

* en latin : la Vulgate de Jérôme, à la fin du 4e siècle. Elle ne s’impose pas avant le 6e siècle et même le Moyen Âge.

* en arabe : au 10e s., par Saadiah Gaon, à Babylone ; il y a des versions arabes postérieures ; certaines sont faites sur la Peshitta et/ou la Syro-Hexaplaire ou encore sur les versions coptes.

Les traductions de la Bible grecque :

* en latin : par les chrétiens vers la fin du 2e s. ; c’est la vieille latine, à l’histoire textuelle complexe ; c’est l’Ancien Testament des Pères latins (Augustin).

* en copte (= égyptien des chrétiens) : vers 150-200 ; plusieurs traductions.

* en gothique : vers 350, par Ulfila.

* en arménien : par Mesrob Machtotz assisté de Sabak le catholikos, au début du 5e siècle ; peut-être traduite sur la Peshitta, mais alors révisée sur la LXX à travers les siècles.

* en géorgien : à partir du 5e s., sur le texte arménien, mais la traduction est révisée sur la LXX.

* en éthiopien guèze : vers 500 ; version révisée à travers les siècles, puis traduite tardivement en éthiopien amharique. C’est la Bible des Juifs falashas.

* en syriaque : Syro-Hexaplaire, traduction de la colonne LXX des Hexaples d’Origène, achevée en 616-617 à Alexandrie par Paul de Tella ; adoptée par une bonne partie des commentateurs syriaques.

* en vieux slave : par Cyrille et Méthode, au 9e s. ; version remaniée à travers les siècles sur l’hébreu, le grec et le latin.

* en arabe : au 9e s., par Hunayn ibn Ishaq.

L’originalité de la LXX : elle n’est pas organisée comme la Bible hébraïque ; elle contient tous les livres de cette dernière, mais ajoute des livres et des passages ; elle a des versets en plus et en moins ; elle présente des différences d’interprétation. Traductions en allemand, anglais, français (« La Bible d’Alexandrie »), italien, etc.

  • La LXX ne connaît pas la Loi, les Prophètes et les Ecrits, mais seulement la Loi et les Prophètes, qui forment un seul ensemble. Il n’y a pas de hiérarchie entre les livres, qui sont à égalité pour l’argumentation (voir Matthieu 12, 1-8, les apôtres ramassent des épis le jour du sabbat ; les Pharisiens argumentent à partir de la Loi, Jésus à partir de 1 Samuel 21, 1-6).

* Les deutérocanoniques/apocryphes : leur nombre varie selon les manuscrits. Ecrits juifs :

1 Esdras (= 3 Esdras de la Vulgate), traduit sur l’hébreu, qui raconte la même histoire que l’Esdras hébreu, mais a des ajouts (qui est plus fort que le roi : le vin, les femmes ou la vérité ?).

Judith (original hébreu) : comment une jeune veuve décapite le général assyrien Holopherne.

Tobit (original araméen et hébreu) : histoire de Tobit et de son fils Tobie.

Siracide ou Sagesse de Jésus fils de Sirakh (original hébreu) : vers – 200

Sagesse (de Salomon) : vers – 50, à Alexandrie.

Psaumes de Salomon (original hébreu) : vers – 50.

1 Maccabées (original hébreu) : histoire de la révolte juive entre – 175 et -135.

2 Maccabées (original grec) : histoire de la révolte juive entre – 175 et – 160.

3 Maccabées (original grec) : les Juifs menacés à Jérusalem et en Egypte par Ptolémée IV Philopator (fin du 3e s.).

4 Maccabées (original grec) : la raison pieuse maîtrise les passions, comme le montrent les martyres d’Eléazar et de la mère et de ses 7 fils.

* Les passages supplémentaires (rédigés par des Juifs) :

Additions à Jérémie : Baruch (traduit de l’hébreu et de l’araméen) et Lettre de Jérémie (grec).

Addition aux Psaumes : Ps 151.

Addition à Daniel : histoire des 3 jeunes gens ; Suzanne, Bel et le dragon.

Additions à Esther (où figure le nom de Dieu).

* Versets différents :

Genèse 4, 7 (Dieu agrée le sacrifice d’Abel, mais non celui de Caïn). Hébreu « Est-ce qu’il n’y aura pas, si tu agis bien, élévation ? Et, si tu n’agis pas bien, à la porte le péché [est] tapi ». Grec : « Si tu as présenté correctement, mais partagé non correctement, n’as-tu pas péché ? Reste tranquille ».

Isaïe 28, 9-11. Hébreu « Ordre sur ordre, règle sur règle, un peu par ici, un peu par ici » (moquerie à l’égard du prophète dont les propos seraient des bégaiements ; ou imitation de l’enseignement élémentaire comparé à un balbutiement). Grec : « Reçois épreuve sur épreuve, reçois espérance sur espérance, encore un peu, encore un peu ».

22/10/18
Les bibles du 1er millénaire
Bibliographie 1

Les Bibles du premier millénaire – Gilles Dorival

22 et 29 octobre 2018

Pourquoi le pluriel du titre ? La Bible, mot grec qui signifie le livre, est l’ensemble des textes reconnus comme inspirés par les Juifs d’abord, puis par les chrétiens, sous le nom d’Ancien Testament, auquel les chrétiens ajoutent les 27 textes du Nouveau Testament (= 4 évangiles, Actes des apôtres, 14 lettres de Paul, 7 lettres catholiques, Apocalypse). Le mot Testament signifie « arrangement entre deux parties, alliance », i.e. alliance entre Dieu et le peuple juif ou l’humanité. La Bible hébraïque a été traduite très tôt en grec : c’est la Bible grecque des Septante (LXX). Or, pendant le premier millénaire, c’est la Septante qui a été lue dans les pays du pourtour méditerranéen (à l’exception des aires hébréophone et syriaque). L’hébreu a fait un retour en force quand il a été traduit à son tour en latin par Jérôme à la fin du 4e siècle, mais la Vulgate de Jérôme a mis plusieurs siècles à s’imposer et seulement en Occident. La LXX présente tous les textes hébreux, mais elle a des textes supplémentaires comme le livre de Judith et elle présente des écarts avec l’hébreu : des versets en plus, des versets en moins, des versets apparemment compris autrement.

22 octobre : prise de contact avec la Bible hébraïque.

29 octobre : la LXX et les autres traductions de la Bible pendant le premier millénaire.

Traductions dans la Bibliothèque de la Pléiade : L’Ancien Testament (E. Dhorme, I, 1956, II, 1959 ; Le Nouveau Testament (J. Grosjean), 1971 + La Bible. Ecrits intertestamentaires (A. Dupont-Sommer, M. Philonenko),1987 + Le Coran (D. Masson), 1967.

* La Bible hébraïque : 22/24 écrits, formant ce que la tradition juive appelle le TaNaK, un acronyme qui renvoie à trois sous-ensembles (sedarim), la Torah ou Loi, les Nebi’im ou Prophètes, les Ketubim ou Ecrits. On discute de la date de mise au point finale de cet ensemble, la fin de l’époque perse (milieu du 5e siècle avant) ou le début de l’époque hellénistique (fin du 4e siècle) sans compter des écrits plus tardifs comme Daniel. On discute encore plus de la date de rédaction de chacun des écrits. Chaque écrit, ou livre, est divisé en chapitres (d’origine chrétienne médiévale) et en versets (d’origine juive). La langue est l’hébreu, à l’exception de parties d’Esdras-Néhémie (4,8-6,18 et 7,12-26) et de Daniel (2, 5-7,28), rédigées en araméen. Dans les Talmuds, l’ordre Torah-Prophètes-Ecrits est hiérarchique. Problèmes souvent posés : récit biblique de la création vs science ; histoire d’Israël vs archéologie.

* Torah ou Loi (5 livres) : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome (titres grecs).

Genèse : histoire de la création du monde et des patriarches, Adam, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, les 10 fils de Jacob (les tribus), en Judée et en Egypte. Lectures de 1, 1-3, 24-31 ; 2, 1-9 (la création) et de 4, 1-8 (Caïn et Abel).

Exode : histoire des Hébreux et de Moïse (vers 1250 ?) en Egypte puis en route vers la terre promise. Lecture de 3, 1-6 et 13-14 (buisson ardent).

Lévitique : suite du retour vers la Judée et organisation du culte confié à la tribu de Lévi. Lecture de 17, 10-12 (interdit du sang).

Nombres : suite de l’errance dans le désert pendant 40 ans. Lecture de 25, 1-9 (Pinhas/Phinees).

Deutéronome : paroles de Moïse au peuple. Sa mort en vue de la terre promise. Lecture de 5, 6-21 (10 commandements).

* Nebi’im ou Prophètes (8 livres) :

Josué : histoire de Josué successeur de Moïse et conquête de la terre promise (Canaan).

Juges : histoire des successeurs de Josué, les juges (Gédéon, Samson, etc.).

1-2 Samuel : établissement de la royauté (Saul, David vers – 1000). Lecture de 2 S 11, 1-12, 24.

1-2 Rois : histoire de Salomon (vers – 950) et des rois jusqu’à l’exil à Babylone (- 586).

Isaïe : prédication d’Isaïe (8e s.).

Jérémie : prédication de Jérémie (fin 7e-début 6e s.), « Nabuchodonosor mon serviteur ».

Ezéchiel : prophète de la déportation.

12 Petits Prophètes : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie

* Ketubim ou Ecrits (11 livres) :

Psaumes (de David) : poèmes accompagnés de musique, hymnes, supplications, actions de grâces. Lecture du Ps 21 (22).

Job : Job et ses amis discutent du problème du mal.

Proverbes (de Salomon) : littérature de sagesse.

Ruth : comment l’étrangère Ruth est devenue l’ancêtre de David.

Cantique des cantiques (de Salomon) : chants d’amour alternés.

Ecclésiaste : littérature de sagesse.

Lamentations (de Jérémie) : 5 poèmes déplorant la destruction de Jérusalem.

Esther : comment elle épouse le roi perse Assuérus et sauve le peuple juif de l’extermination.

Daniel : prophète en exil.

Esdras-Néhémie : retour des Hébreux à Jérusalem (- 536) et interdiction du mariage avec les femmes étrangères.

Chroniques (Paralipomènes) : récapitulation de l’histoire des Hébreux, d’Adam aux rois et à la déportation à Babylone.

22/10/18
Les bibles du 1er millénaire 1/2
Gilles Dorival

 La Bible hébraïque a été traduite en grec à Alexandrie avant l’ère chrétienne: c’est la Bible des Septante, qui est juive. Durant le premier millénaire elle a été traduite en syriaque (c’est la Peshitta, qui est juive et/ou chrétienne) et en latin (c’est la Vulgate de Jérôme). De son côté, la Septante a été traduite en latin (c’est la Vieille Latine, qui est la Bible d’Augustin), en copte, en éthiopien, en slavon, en arménien, en géorgien, en arabe. Il n’est pas exagéré de dire que la Bible du premier millénaire est la Septante, et non la Bible hébraïque, qui joue un rôle secondaire. Comme toute traduction est interprétation, il y a des enjeux de sens dans les Bibles du premier millénaire, auxquels on s’intéressera.

Gilles Dorival

- Professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille (département des sciences de l’Antiquité)

- Ancien directeur et co-fondateur du Centre Paul-Albert Février 
- Philologue

Thèmes de recherche :

- Histoire des traditions bibliques
- Bible grecque des Septante
- Patristique

Gilles Dorival a commencé à s’intéresser à l’histoire des religions et aux Pères grecs de l’Église dès sa première année à l’École normale supérieure de la rue d’ULM (1965-1966). Il s’initie alors à la patristique et pour mieux comprendre et interpréter les Pères et leur interprétation de la Bible il se met à l’hébreu.

Depuis quarante ans, il enquête sur les rapports entre la Bible hébraïque et les traductions grecques dont elle a fait l’objet. Il a également travaillé sur les traditions syriaques, latines, arméniennes, géorgiennes…, de la bible. Il est l’auteur avec Marguerite Harl et Olivier Munnich d’une introduction générale à « La Bible grecque des Septante », parue aux éditions du Cerf (1988, réédition en 1994). Il a également écrit, co-écrit ou dirigé 17 livres et plus de 170 articles.
L’ensemble des travaux de Gilles Dorival s’inscrit dans la lignée féconde des exégèses bibliques.

Gilles Dorival a par ailleurs occupé de nombreuses fonctions d’encadrement de la recherche et de l’enseignement supérieur, ainsi que des responsabilités éditoriales au sein de maisons d’édition et de revues scientifiques. Il a été directeur du Centre Paul-Albert Février de 2001 à 2010 et membre senior de l’Institut universitaire de France (chaire « judaïsme hellénistique et christianisme ancien ») de 2000 à 2010.

Il co-dirige la collection « La Bible d’Alexandrie » (Éditions du Cerf), qui est une traduction annotée de la Septante. Dix-huit volumes sont parus à ce jour (2012).

Téléchargez la bibliographie intégrale de Gilles Dorival :

http://www.cpaf.cnrs.fr/IMG/pdf/G-Dorival-publi-web.pdf

Présentation et bibliographie

Les Bibles du premier millénaire – Gilles Dorival – 22 et 29 octobre 2018

Pourquoi le pluriel du titre ? La Bible, mot grec qui signifie le livre, est l’ensemble des textes reconnus comme inspirés par les Juifs d’abord, puis par les chrétiens, sous le nom d’Ancien Testament, auquel les chrétiens ajoutent les 27 textes du Nouveau Testament (= 4 évangiles, Actes des apôtres, 14 lettres de Paul, 7 lettres catholiques, Apocalypse). Le mot Testament signifie « arrangement entre deux parties, alliance », i.e. alliance entre Dieu et le peuple juif ou l’humanité. La Bible hébraïque a été traduite très tôt en grec : c’est la Bible grecque des Septante (LXX). Or, pendant le premier millénaire, c’est la Septante qui a été lue dans les pays du pourtour méditerranéen (à l’exception des aires hébréophone et syriaque). L’hébreu a fait un retour en force quand il a été traduit à son tour en latin par Jérôme à la fin du 4e siècle, mais la Vulgate de Jérôme a mis plusieurs siècles à s’imposer et seulement en Occident. La LXX présente tous les textes hébreux, mais elle a des textes supplémentaires comme le livre de Judith et elle présente des écarts avec l’hébreu : des versets en plus, des versets en moins, des versets apparemment compris autrement.

22 octobre : prise de contact avec la Bible hébraïque.

29 octobre : la LXX et les autres traductions de la Bible pendant le premier millénaire.

Traductions dans la Bibliothèque de la Pléiade : L’Ancien Testament (E. Dhorme, I, 1956, II, 1959 ; Le Nouveau Testament (J. Grosjean), 1971 + La Bible. Ecrits intertestamentaires (A. Dupont-Sommer, M. Philonenko),1987 + Le Coran (D. Masson), 1967.

* La Bible hébraïque : 22/24 écrits, formant ce que la tradition juive appelle le TaNaK, un acronyme qui renvoie à trois sous-ensembles (sedarim), la Torah ou Loi, les Nebi’im ou Prophètes, les Ketubim ou Ecrits. On discute de la date de mise au point finale de cet ensemble, la fin de l’époque perse (milieu du 5e siècle avant) ou le début de l’époque hellénistique (fin du 4e siècle) sans compter des écrits plus tardifs comme Daniel. On discute encore plus de la date de rédaction de chacun des écrits. Chaque écrit, ou livre, est divisé en chapitres (d’origine chrétienne médiévale) et en versets (d’origine juive). La langue est l’hébreu, à l’exception de parties d’Esdras-Néhémie (4,8-6,18 et 7,12-26) et de Daniel (2, 5-7,28), rédigées en araméen. Dans les Talmuds, l’ordre Torah-Prophètes-Ecrits est hiérarchique. Problèmes souvent posés : récit biblique de la création vs science ; histoire d’Israël vs archéologie.

* Torah ou Loi (5 livres) : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome (titres grecs).

Genèse : histoire de la création du monde et des patriarches, Adam, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, les 10 fils de Jacob (les tribus), en Judée et en Egypte. Lectures de 1, 1-3, 24-31 ; 2, 1-9 (la création) et de 4, 1-8 (Caïn et Abel).

Exode : histoire des Hébreux et de Moïse (vers 1250 ?) en Egypte puis en route vers la terre promise. Lecture de 3, 1-6 et 13-14 (buisson ardent).

Lévitique : suite du retour vers la Judée et organisation du culte confié à la tribu de Lévi. Lecture de 17, 10-12 (interdit du sang).

Nombres : suite de l’errance dans le désert pendant 40 ans. Lecture de 25, 1-9 (Pinhas/Phinees).

Deutéronome : paroles de Moïse au peuple. Sa mort en vue de la terre promise. Lecture de 5, 6-21 (10 commandements).

* Nebi’im ou Prophètes (8 livres) :

Josué : histoire de Josué successeur de Moïse et conquête de la terre promise (Canaan).

Juges : histoire des successeurs de Josué, les juges (Gédéon, Samson, etc.).

1-2 Samuel : établissement de la royauté (Saul, David vers – 1000). Lecture de 2 S 11, 1-12, 24.

1-2 Rois : histoire de Salomon (vers – 950) et des rois jusqu’à l’exil à Babylone (- 586).

Isaïe : prédication d’Isaïe (8e s.).

Jérémie : prédication de Jérémie (fin 7e-début 6e s.), « Nabuchodonosor mon serviteur ».

Ezéchiel : prophète de la déportation.

12 Petits Prophètes : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie

* Ketubim ou Ecrits (11 livres) :

Psaumes (de David) : poèmes accompagnés de musique, hymnes, supplications, actions de grâces. Lecture du Ps 21 (22).

Job : Job et ses amis discutent du problème du mal.

Proverbes (de Salomon) : littérature de sagesse.

Ruth : comment l’étrangère Ruth est devenue l’ancêtre de David.

Cantique des cantiques (de Salomon) : chants d’amour alternés.

Ecclésiaste : littérature de sagesse.

Lamentations (de Jérémie) : 5 poèmes déplorant la destruction de Jérusalem.

Esther : comment elle épouse le roi perse Assuérus et sauve le peuple juif de l’extermination.

Daniel : prophète en exil.

Esdras-Néhémie : retour des Hébreux à Jérusalem (- 536) et interdiction du mariage avec les femmes étrangères.

Chroniques (Paralipomènes) : récapitulation de l’histoire des Hébreux, d’Adam aux rois et à la déportation à Babylone.

GillesDorival

Gilles Dorival

Professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille (département des sciences de l’Antiquité)

– Ancien directeur et co-fondateur du Centre Paul-Albert Février

– Philologue

Contact : gilles.dorival@orange.fr

THÈMES DE RECHERCHE

- Histoire des traditions bibliques
- Bible grecque des Septante
- Patristique

Périodes : hellénistique (Septante), romaine (Pères de l’Eglise et traditions rabbiniques) / Plus ponctuellement : byzantine, Moyen Âge

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PARCOURS ET RECHERCHES

Gilles Dorival a commencé à s’intéresser à l’histoire des religions et aux Pères grecs de l’Église dès sa première année à l’École normale supérieure de la rue d’ULM (1965-1966). Il s’initie alors à la patristique et pour mieux comprendre et interpréter les Pères et leur interprétation de la Bible il se met à l’hébreu.

Depuis quarante ans, il enquête sur les rapports entre la Bible hébraïque et les traductions grecques dont elle a fait l’objet. Il a également travaillé sur les traditions syriaques, latines, arméniennes, géorgiennes…, de la bible. Il est l’auteur avec Marguerite Harl et Olivier Munnich d’une introduction générale à « La Bible grecque des Septante », parue aux éditions du Cerf (1988, réédition en 1994). Il a également écrit, co-écrit ou dirigé 17 livres et plus de 170 articles.
L’ensemble des travaux de Gilles Dorival s’inscrit dans la lignée féconde des exégèses bibliques.

Gilles Dorival a par ailleurs occupé de nombreuses fonctions d’encadrement de la recherche et de l’enseignement supérieur, ainsi que des reponsabilités édiriorales au sein de maisons d’édition et de revues scientifiques. Il a été directeur du Centre Paul-Albert Février de 2001 à 2010 et membre senior de l’Institut universitaire de France (chaire « judaïsme hellénistique et christianisme ancien ») de 2000 à 2010.

Il co-dirige la collection « La Bible d’Alexandrie » (Éditions du Cerf), qui est une traduction annotée de la Septante. Dix-huit volumes sont à ce jour parus (2012).

Gilles Dorival est professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille et reste à ce titre, rattaché pleinement au CPAF ou il poursuit ses recherches sur les traditions d’interprétation de la bible.

 

GILLES DORIVAL – CURRICULUM VITAE

31/05/16
Histoire des religions :
Le christianisme… Daniel Goudard

Conférence de Daniel Goudard

La diffusion du christianisme

Au cours des premières décennies de notre ère, Jésus de Nazareth prêche la parole de Dieu, dans la lignée messianique de la tradition juive. Toutefois, il y apporte de nouveaux principes, tels que l’annonce d’un Royaume de Dieu et la promesse de vie éternelle, uniquement accessible par la foi. S’étant déclaré Fils de Dieu, il est accusé de blasphème et crucifié en l’an 30 (date controversée). La communauté chrétienne ne forme alors qu’un petit groupe de disciples, entourés des apôtres qui ont mémorisé les prédications de Jésus.

La Résurrection, trois jours plus tard, relatée dans les Actes des Apôtres, constitue l’Événement sur lequel repose l’Évangile. Dans le message chrétien, en effet, il permet de démontrer la qualité de Messie et d’Enfant divin du Christ. Chacun de ses apôtres reçoit ensuite, jour de la Pentecôte, l’Esprit saint qui leur avait été promis lors de la Cène. Ils fondent par la suite la première Église à Jérusalem et poursuivent ardemment la diffusion du message évangélique.