Archives de catégorie : Anaïs Simon

Anaïs-Simon
Professeure de philosophie
Enseigne au Lycée Saint-Exupéry à Marseille

19/04/21
L’inhumain : une réalité objective ?
Anaïs Simon – Philosophie

L’inhumain : une réalité objective ?

« Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger », selon le vers du dramaturge latin Térence dans son Héautontimoroumenos. Or le titre de la pièce signifie en grec « bourreau de soi-même ». De fait, la comédie de Térence met en scène un père sévère qui, après avoir banni son fils, se punit de sa propre méchanceté en menant une vie dure. Aussi se trouve-t-il dans cet état d’âme – serait-ce le sentiment de culpabilité ? – ainsi décrit par Baudelaire dans le poème du même nom que celui de la pièce de Térence :

« Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau ! »

Si faire preuve d’humanité s’entend de l’attitude altruiste et bienveillante, on peut supposer que l’inhumanité serait le propre du contraire. Mais comment qualifier ce contraire ? On pourrait croire que la cruauté est ce qui contredit la bienveillance ; n’est-ce pas plutôt l’indifférence et le mépris ? L’adjectif « étranger » (« alienus » en latin) du vers de Térence suggère en effet davantage l’apathie que l’antipathie : là où je ne me reconnais aucun point commun avec l’autre, quand je suis dès lors incapable de me mettre à sa place, je ne suis pas même susceptible de haine à son égard, mais seulement d’indifférence. L’inhumanité serait-elle d’abord une forme d’insensibilité ?

Le thème de l’inhumain invite ainsi à interroger les diverses modalités de « l’autre » : est-il cet « alter ego » dans lequel je me reconnais ? Ou au contraire un pur étranger avec lequel je ne partage rien ? Et en retour, s’interroger sur la nature de l’autre implique de penser plus avant le sens de l’autodésignation : « Homo sum », « je suis un homme ».

12/04/21
L’inhumain
Anaïs Simon – Philosophie

L’inhumain

« Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger », selon le vers du dramaturge latin Térence dans son Héautontimoroumenos. Or le titre de la pièce signifie en grec « bourreau de soi-même ». De fait, la comédie de Térence met en scène un père sévère qui, après avoir banni son fils, se punit de sa propre méchanceté en menant une vie dure. Aussi se trouve-t-il dans cet état d’âme – serait-ce le sentiment de culpabilité ? – ainsi décrit par Baudelaire dans le poème du même nom que celui de la pièce de Térence :

« Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau ! »

Si faire preuve d’humanité s’entend de l’attitude altruiste et bienveillante, on peut supposer que l’inhumanité serait le propre du contraire. Mais comment qualifier ce contraire ? On pourrait croire que la cruauté est ce qui contredit la bienveillance ; n’est-ce pas plutôt l’indifférence et le mépris ? L’adjectif « étranger » (« alienus » en latin) du vers de Térence suggère en effet davantage l’apathie que l’antipathie : là où je ne me reconnais aucun point commun avec l’autre, quand je suis dès lors incapable de me mettre à sa place, je ne suis pas même susceptible de haine à son égard, mais seulement d’indifférence. L’inhumanité serait-elle d’abord une forme d’insensibilité ?

Le thème de l’inhumain invite ainsi à interroger les diverses modalités de « l’autre » : est-il cet « alter ego » dans lequel je me reconnais ? Ou au contraire un pur étranger avec lequel je ne partage rien ? Et en retour, s’interroger sur la nature de l’autre implique de penser plus avant le sens de l’autodésignation : « Homo sum », « je suis un homme ».

27/01/20
La subjectivité et l’amour 2/2

Anaïs Simon

Conférence-débat avec Anaïs Simon
27 janvier 2020
de 19h à 21h
Casa Consolat
1 rue Consolat Marseille 1er

Aimer peut au premier abord passer pour le sentiment le moins égoïste qui soit, le plus dédié à l’autre. Pourtant, à y regarder de plus près, l’amour est un sentiment qui n’est pas moins ambigu que le désir. Comme le chante Carmen, non seulement en effet « L’amour est un oiseau rebelle / Que nul ne peut apprivoiser / Et c’est bien en vain qu’on l’appelle / S’il lui convient de refuser ». mais encore « L’amour est enfant de bohème / Il n’a jamais, jamais, connu de loi / Si tu ne m’aimes pas, je t’aime / Et si je t’aime, prends garde à toi ». Autrement dit, l’amour est capricieux ; il ne s’intéresse à l’autre qu’à sa convenance, contrairement au respect que je dois à autrui quel que soit mon sentiment à son égard, que je l’apprécie ou pas. C’est dire que l’amour est amoral, sinon peut-être et paradoxalement immoral. Il y va de l’amant dans l’amour, avant que de l’être aimé. De là les passions destructrices dont traitent les grandes tragédies raciniennes. Mais à l’inverse ne peut-on mourir par amour ? Ne peut-on se sacrifier ? Par et dans l’amour, on s’oublierait soi-même.
L’amour fait des histoires, dans tous les sens de l’expression.

Anaïs Simon 
Docteure en philosophie
Professeure au Lycée Saint-Exupéry de Marseille en Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles et en Classes Préparatoires Économiques et Commerciales

20/01/20
La subjectivité et l’amour 1/2

Anaïs Simon

Conférence-débat avec Anaïs Simon
de 19h à 21h
Casa Consolat
1 rue Consolat Marseille 1er

Aimer peut au premier abord passer pour le sentiment le moins égoïste qui soit, le plus dédié à l’autre. Pourtant, à y regarder de plus près, l’amour est un sentiment qui n’est pas moins ambigu que le désir. Comme le chante Carmen, non seulement en effet « L’amour est un oiseau rebelle / Que nul ne peut apprivoiser / Et c’est bien en vain qu’on l’appelle / S’il lui convient de refuser ». mais encore « L’amour est enfant de bohème / Il n’a jamais, jamais, connu de loi / Si tu ne m’aimes pas, je t’aime / Et si je t’aime, prends garde à toi ». Autrement dit, l’amour est capricieux ; il ne s’intéresse à l’autre qu’à sa convenance, contrairement au respect que je dois à autrui quel que soit mon sentiment à son égard, que je l’apprécie ou pas. C’est dire que l’amour est amoral, sinon peut-être et paradoxalement immoral. Il y va de l’amant dans l’amour, avant que de l’être aimé. De là les passions destructrices dont traitent les grandes tragédies raciniennes. Mais à l’inverse ne peut-on mourir par amour ? Ne peut-on se sacrifier ? Par et dans l’amour, on s’oublierait soi-même.
L’amour fait des histoires, dans tous les sens de l’expression.

Anaïs Simon 
Docteure en philosophie
Professeure au Lycée Saint-Exupéry de Marseille en Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles et en Classes Préparatoires Économiques et Commerciales

19/11/18
Le droit des peuples et les droits de l’Homme
Anaïs Simon

« Comment définir « l’Homme » dont il est question dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen ? Il semblerait que la Déclaration elle-même soit justement le lieu qui décrit cet « Homme », et qui par conséquent l’institue, plutôt qu’elle ne s’appuie sur un homme existant. A ce titre la Déclaration est prescriptive de ce que doit être l’Homme moderne, le nouveau citoyen, et partant, le type de régime politique qui le rend possible. D’où cette question : faut-il entendre l’ensemble de l’humanité comme la somme de tous les hommes réels et existants ? Ou s’agit-il de l’idée d’homme, d’une essence de l’humanité ? Selon la première hypothèse, les droits de l’Homme, reliés à leur situation historique d’apparition, supposent que le peuple français se constitue symboliquement comme le représentant révolutionnaire de tous les peuples oppressés : le citoyen français serait le modèle pour tout homme. Selon la seconde hypothèse, les droits de l’Homme seraient moins les droits des hommes, que ceux de l’humanité, entendue comme abstraction qui pourrait jouer le rôle d’une idée régulatrice ou d’un paradigme. »

Anaïs Simon est titulaire d’un doctorat de philosophie, professeure au Lycée Saint-Exupéry à Marseille où elle prépare les élèves aux épreuves du baccalauréat en philosophie en les initiant à l’examen critique et argumenté de problèmes métaphysiques, politiques, moraux et épistémologiques.

12/11/18
L’Homme des droits de l’Homme
Anaïs Simon

« Comment définir « l’Homme » dont il est question dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen ? Il semblerait que la Déclaration elle-même soit justement le lieu qui décrit cet « Homme », et qui par conséquent l’institue, plutôt qu’elle ne s’appuie sur un homme existant. A ce titre la Déclaration est prescriptive de ce que doit être l’Homme moderne, le nouveau citoyen, et partant, le type de régime politique qui le rend possible. D’où cette question : faut-il entendre l’ensemble de l’humanité comme la somme de tous les hommes réels et existants ? Ou s’agit-il de l’idée d’homme, d’une essence de l’humanité ? Selon la première hypothèse, les droits de l’Homme, reliés à leur situation historique d’apparition, supposent que le peuple français se constitue symboliquement comme le représentant révolutionnaire de tous les peuples oppressés : le citoyen français serait le modèle pour tout homme. Selon la seconde hypothèse, les droits de l’Homme seraient moins les droits des hommes, que ceux de l’humanité, entendue comme abstraction qui pourrait jouer le rôle d’une idée régulatrice ou d’un paradigme. »

Anaïs Simon est titulaire d’un doctorat de philosophie, professeure au Lycée Saint-Exupéry à Marseille où elle prépare les élèves aux épreuves du baccalauréat en philosophie en les initiant à l’examen critique et argumenté de problèmes métaphysiques, politiques, moraux et épistémologiques.

14/11/17
Analyse philosophique du concept de divin de l’antiquité au XXième siècle
Anaïs Simon*

Anaïs Simon*

Analyse philosophique du concept de divin de l’antiquité au XXième siècle – 2/2

« Le propre de la rationalité philosophique est de proposer des hypothèses cosmologiques à la place des mythes cosmogoniques. Ainsi les dieux d’Hésiode sont-ils relégués hors de notre monde par Épicure et Lucrèce. Le Dieu de Descartes est infiniment puissant, créateur de toutes vérités, au point qu’il pourrait vouloir le mal.
Spinoza conçoit Dieu comme Nature, cause de soi et de tout l’univers, mais sans que cela ne participe d’aucune intention créatrice. Les dieux des philosophes n’ont rien de catholiques… »

*Anaïs Simon est titulaire d’un doctorat de philosophie, professeure au Lycée Saint-Exupéry à Marseille où elle prépare les élèves aux épreuves du baccalauréat en philosophie en les initiant à l’examen critique et argumenté de problèmes métaphysiques, politiques, moraux et épistémologiques.

15/11/16
Philosophie analytique du langage 2/2
Philosophie – Anaïs Simon

Quelques erreurs historiques en philosophie ou Comment être certain de ne pas dire n’importe quoi.

sans-titre

Certaines des thèses les plus fameuses de l’histoire de la philosophie, comme le “ Je pense, donc je suis ” du Discours de la méthode, pourraient s’avérer sinon fausses, du moins totalement insensées, aussi insensées que l’une des dernières répliques de Smith dans La Cantatrice chauve : “ Le pape dérape! Le pape n’a pas desoupape. La soupape a un pape. ” Continuer la lecture de 15/11/16
Philosophie analytique du langage 2/2
Philosophie – Anaïs Simon

08/11/16
Philosophie analytique du langage 1/2
Philosophie – Anaïs Simon

Comment parler de son corps ?
Ai-je ou suis-je un corps ? 

ying_yangA propos de ce corps que nous appelons “ notre corps ”, nous nous trouvons paradoxalement face à une véritable difficulté philosophique. Continuer la lecture de 08/11/16
Philosophie analytique du langage 1/2
Philosophie – Anaïs Simon

Anaïs Simon

Professeure de philosophie
Lycée Saint-Exupéry
Marseille

Philosophie analytique – Wittgenstein

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J’ai un corps ou je suis un corps. Pensées sur le corps, seul véhicule de la pensée.
Descartes, Wittgenstein et l’intelligence dite « artificielle ».