Des formes multiples de citoyenneté et de contestation ont façonné l’espace public indien, de la période coloniale à l’époque contemporaine. À partir d’une perspective sociohistorique, l’analyse met en évidence les tensions persistantes entre inclusion et exclusion dans la définition du sujet citoyen, les stratégies de mobilisation des groupes subalternes, ainsi que les transformations successives des modes d’intervention politique. Des luttes anticoloniales aux mouvements dalits, féministes, paysans et étudiants actuels, les dynamiques citoyennes apparaissent étroitement liées aux rapports de pouvoir, aux dispositifs juridiques et aux évolutions médiatiques. La démocratie indienne se donne ainsi à voir non pas comme un cadre figé, mais comme un champ en constante recomposition, traversé par des négociations, des résistances et des réinventions collectives, où les conflits eux-mêmes participent à redéfinir les contours du commun.
Arundhati Virmani
Ingénieure d'études de recherche et formation.
Docteur en histoire française contemporaine à l’université de Paris I-Panthéon Sorbonne (1984), A. Virmani a été maître de conférence à l’université de Delhi (de 1985-1991), à l’université de Bordeaux III (1991-1992) ; elle enseigne à l’EHESS, Campus de Marseille, depuis 1996. Elle a été research fellow de la Canon Chair en Business ethics à la Rennes School of Business (2013-2015) sur la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) au sein du patronat indien contemporain.
Ses recherches portent sur les histoires connectées du colonialisme et de la décolonisation, entre l’Europe et l'Inde, l’histoire sociale et politique de l’Inde coloniale et contemporaine. Elles couvrent les problématiques du nationalisme, les transformations des cultures politiques, les dynamiques urbaines et culturelles, les esthétiques du pouvoir au niveau tant national qu’individuel.
Son engagement dans la diffusion scientifique se manifeste également à travers des expositions et des contributions dans les médias, illustrant son rôle de chercheuse engagée au sein de la communauté académique internationale.
Ses recherches en cours concernent les héritages et les pratiques culturelles de la diaspora des anciens comptoirs de la France en Inde, les notions clés qui façonnent la culture, la société et la politique de l'Asie du Sud, une analyse comparative des productions des sciences sociales en Inde et Afrique après la décolonisation et la recherche comme agent de changement dans la société civique. Elle a cofondé la Biennale européenne d’histoire locale.